Voy. ci-dessus, p
2. II Sam., xxiv, 16 et suiv. Le ketib du verset 16, porte l'article, ha-averna, pour désigner l'endroit où se tenait l'ange de mort. Que ce vieux mot eût été changé par les rédacteurs piétistes en celui d'un Jébuséen, cela n'aurait rien d'extraordinaire. D'autre part, nous avons vu des mois grecs ou latins pénétrer à Jérusalem par influence philistine. Voir ci-dessus, p. 33, 35.
3. Les excavations du rocher Sakhra peuvent remonter à ce temps.
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la ville. Au contraire, dans tout l'agencement de l'œuvre, le lien avec le palais est visible. Le roi a son escalier à part, son estrade, pendant les sacrifices ; tout est disposé pour que le roi trône et fasse de l'effet. Jamais édifice ne fut moins national; c'est un temple domestique, une chapelle de palais, non le temple d'un grand peuple, ou d'une cité ayant en elle-même un énergique principe municipal. Il faudra des siècles pour que cet édicule devienne un centre de vie et un objet d'amour.
Les efforts des architectes modernes pour reconstruire le temple de Jérusalem d'après les données des livres historiques1, prises comme exactes, ont échoué, et échoueront toujours. Ces descriptions, faites de souvenir par des narrateurs étrangers à toute notion d'architecture, sont pleines d'impossibilités et de contradictions; pas un seul chiffre n'y est juste2. La physionomie générale du temple,
l.I Rois, vi et vu; II Chron., ni et iv. Le texte hébreu du livre des Rois est très altéré. Ici, comme toujours, les Chroniques doivent être utilisées avec une extrême réserve. Il en faut dire autant de Josèphe. La description d'Ézéchiel xl-xlii, xlvi, 19- 2 i, est presque toute idéale et ne peut servir de base à un véritable travail d'architecture.
2. En général, tous les chiffres delà Bible sont sujets à caution. Les Orientaux ne comptent jamais, et néanmoins allèguent toujours un chiffre précis.
au contraire, apparaît avec certitude. C'était un temple égyptien, de moyennes dimensions, avec un vestibule formé par les antes, l'architrave et deux grosses colonnes d'airain '.
Ces deux colonnes, œuvre supposée de Hiram le fondeur2, en tout cas œuvre tyrienne, frappèrent les Hébreux et, ainsi qu'il a coutume d'arriver chez les peuples peu artistes, firent naître beaucoup d'imaginations singulières. On leur donna des noms; on les appela Iakin et Boaz. 11 n'est pas impossible que ces deux mots eussent été écrits, comme des graffiti talismaniques, parles fondeurs phéniciens, sur les colonnes :
Que [Dieu la] fasse tenir droite par [sa] force3,
1. L'idée de deux colonnes ne portant rien et ayant par ellesmêmes une valeur symbolique, est toutà fait contraire aux idées hébraïques. Mettons, que de tels fétiches eussent pu être élevés sous Salomon; ils eussent certainement été abattus sousÉzéchias. Cf. Amos, ix, 1 ; Jér., lu, 17. On n'a trouvé, il est vrai, en Egypte aucun temple ayant des colonnes d'airain. Mais ce pouvait être là une modification que les fondeurs tyriens auraient introduite dans le style égyptien. Le portique avait sûrement deux colonnes pour porter les coupures de l'architrave; or toutes les colonnes du temple étaient d'airain.
2. On donnait, un peu à tort et à travers, à tous les Tyriens le nom de Hiram.
3. Peut-être ces mots sont-ils phéniciens, le verbe |2 étant pris pour le verbe « être ». La phrase, continuée d'une colonne à
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et qu'ensuite les deux mots magiques aient été pris pour les noms des deux colonnes par des personnes peu au courant des choses phéniciennes.
C'étaient deux colonnes égyptiennes, du galbe qu'on trouve au Ramesseum de Thèbes1, à chapiteau treillissé, formé de gerbes de lotus et de grenades2 . Elles étaient creuses; mais l'épaisseur du métal était de quatre doigts; par conséquent, elles formaient un appui solide pour l'architrave qui posait dessus. Peut-être, d'ailleurs, recouvraientelles une chaîne intérieure de maçonnerie.
La grande porte était encadrée de linteaux de bois d'olivier sauvage; les battants étaient en cyprès. Une petite baie à charnière, pratiquée dans les grands battants, permettait d'entrer, sans qu'on fût obligé d'ouvrir ces valves gigantesques. Les boiseries étaient couvertes d'images de keroubs, de palmes, de corolles de lotus. Ces sculptures ou, si Ton veut, ces dessins au trait s'enlevaient en plaqué d'or sur des fonds probablement revêtus d'une teinte plate.
La cella (hêkal) n'était éclairée que par de petites
l'autre, serait alors l'équivalent de 123 TP, « qu'elle soit en force ».
1. Descr. de l'Ég., Ant., II, pi 28, fig. 1 ; comp. pi. 30, fig. L