Jos., Contre Apiun, II
prétendit que Séleucus Nicator, en reconnaissance des services militaires qu'ils avaient rendus, donna aux Juifs, dans toutes les villes qu'il bâtit, le droi( de cité et des privilèges égaux à ceux des Macédoniens et des Grecs ^ Tout cela est suspect; ce qui est vrai, c'est que les Juifs trouvaient dans ces villes neuves un champ approprié à leur activité et s'y portaient en masse. En Judée, la vie était pauvre et dure; l'agriculture chétive, le commerce nul; les charges très lourdes. Les émigrés avaient tous les avantages du judaïsme, sans en avoir les inconvénients. La colonie juive d'Antioche n'eut pas l'éclat de celle d'Alexandrie ; ce fut le christianisme qui fit de cette ville, au i" siècle de notre ère, une ville humanitaire au premier chef. Les guerres entre l'Egypte et la Syrie avaient pour la Palestine les conséquences les plus graves. Le pays était sans cesse piétiné par les belligérants (264 et suiv.). Bien différents de la conquête romaine, les royaumes grecs ne surent pas garantir la paix aux populations, et c'est pour cela sans doute que les populations les défendirent peu énergiquement. L'Orient, d'un autre coté, se réveillait. En 256, la Perse sortit du monde grec
i. Jos., Ant., XII, 111,1.
par la fondation de la dynastie arsacide. Le vieil Iran, cependant, ne ressuscita qu'à demi. Ce n'est que par les Sassanides qu'il retrouva sa vieille vie nationale. On était loin des quatre cents ans de paix que Rome donna au monde. Les terreurs renaissaient chaque année. Les Samaritains, de leur côté, étaient pour Jérusalem des ennemis de toutes les heures. Dès que la fortune leur souriait, ils ravageaient les terres juives, faisaient des razzias de captifs*. Ils trouvaient dans leur organisation militaire des moyens de nuire que n'avait pas le pacifique Juda. Celui-ci se vengeait par d'éternelles récriminations; c'était un peu l'analogue des chrétiens d'Orient, toujours se plaignant des méfaits de leurs ennemis, numériquement plus faibles qu'eux, et leur prodiguant d'atroces injures V En somme, cependant, le judaïsme florissait. Le pouvoir des grands-prêtres était absolu dans tous les ordres\ Les^rands-prêtres Onias P", Siméon P"*, Éléazar, Manassé, Onias II, présidèrent à la nation avec dignité.
Dans Jérusalem et aux environs immédiats, l'hellénisation était faible. Elle fut très forte dans