Dan., XI, 18, allusion à la bataille de Magnésie
LES JUIFS SOUS LA DOMINATIOiN GRECQUE. 267
Rien jusque-là n'avait pu donner l'idée d'une force comme celle que Rome montrait maintenant au monde étonné. Le déploiement militaire était peu considérable ; ce qui était terrible, c'était la résolution, l'obstination, l'énergie, qu'on sentait derrière ces légions, derrière ces ambassadeurs, représentants d'une force inéluctable. JLe Sénat était vraiment un dieu lointain et caché, dont les r décrets s'accomplissaient avec l'inflexibilité du destin. Le sang-froid de l'aristocratie, l'abnégation du peuple furent admirables. Jamais on ne vit moins de philosophie, plus de vertu, c'est-à-dire plus de résignation à l'inégalité. Pas une fois ces héros des légions ne demandent pourquoi on les mène au bout du monde. Ils travaillent, ils s'exténuent— pour le vide, pour le feu, dit le penseur juif* — oui, sans doute; mais voilà la vertu que l'histoire récompense. Le patricien qui conduit ces légions est le moins aimable des hommes; c'est un tory renfrogné, un vilain homme, raide, gauche, méchant; il sera voleur quand il le pourra. N'importe. Il fait l'œuvre de Dieu. S'il y avait encore eu des prophètes en ces temps obscurs, sans doute ceux qui appelèrent Nabu-