‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 168 sur 251 · Voir t. m, p · texte numérisé non relu

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chodonosor ministre de lahvé, eussent donné le même titre aux aigles qui allaient à droite, à gauche, comme la foudre, accomplissant ses ordres.

A beaucoup d'égards, en effet, les légions portaient avec elles, sans le savoir, la vraie volonté de Jahvé, qui est le progrès. Presque partout, en Orient, les races indigènes étaient fatiguées des dynasties macédoniennes. La vaste coalition à la tête de laquelle était Antiochus n'avait au fond rien de national. Les Grecs et les Syriens ne s'étaient pas coagulés en une nation comme les Gaulois et les Francs sous l'action du roi de France. La résistance assez énergique que rencontra Scipion fut bien plus l'œuvre des milices que des populations. Celles-ci profitèrent en général de la prépondérance romaine. Des petits royaumes comme celui qui se formera bientôt en Judée n'eussent pas été possibles si la royauté d'Antioche n'eût été tenue en respect. Il en faut dire autant des innombrables villes libres de Syrie, dont les ères commencent vers 125, c'est-à-dire à l'époque de la grande décadence séleucide. D'ailleurs l'affaiblissement politique de l'hellénisme n'entraîna nullement une diminution de son influence civilisatrice. La diffusion des mœurs, des modes, de la

langue grecques ne se ralentit pas durant le second siècle avant Jésus-Christ. Vers l'an 100, le phénicien disparaît presque ; le grec prend tout à fait le dessus dans Tépigraphie*. Le puissant protectorat que Rome exerçait sur les pays d'Orient ne s'étendait ni aux choses intellectuelles, ni aux choses morales, ni aux choses religieuses. Rome fut toujours neutre en ces matières. Elle créait une grande chose, l'État laïque, indifférent à tout ce qui n'est pas l'ordre matériel. Au moins, dans ces temps antiques, elle était à mille lieues de toute idée de persécution. Les sacra de famille et le respect des dieux locaux avaient de bien moins graves conséquences que la révélation supposée d'un Dieu absolu pour lequel on part en guerre contre le genre humain.

Antiochus n'eut pas toujours la même sagesse. Ces dieux sémitiques étaient riches, et, quand on prenait leurs richesses, ils se vengeaient. Antiochus, pour combler les vides de ses trésors, eut la fâcheuse idée de piller un temple de Raal en Élymaïde; les gens du pays Tassommèrent (187)^ On accusa son fils et successeur Séleucus IV Phi-

1. Inscription bilingue du Pirée, Revue archéoL, jnny^ 1888, p. 5-7.

z Straboa, XVI, i, 18. Autre version dans Aurélius Victor.

lopator d'avoir voulu commettre un attentat du même genre sur le temple de Jérusalem, par Tintw'médiaire de son ministre Héiiodore*. C'est là, selon toutes les apparences, un récit dénué de vérité. La liberté religieuse n'était pas encore ouvertement violée. Les Juifs «souffraient patiemment tout le reste, réparant avec leur esprit d'ordre les injustices dont its étaient victimes, tirant bon parti de leurs avanies. Le point d'honneur n'était rien chez eux. Tout était supportable pourvu que la prière fût libre et que chaque jour l'encens pût monter devant lahvé.

1. II Macch., m, 7 et suiv. (Corap. IV Macch., iv, et Daniel, XI, 20). Ce qui concerne les dons somptueux faits par Séleucus IV au temple de Jérusalem (11 Macch., m, 3) n'a pas plus de fondement.

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