‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 188 sur 251 · Ch. XXXVI, entier · texte numérisé non relu

Ch. XXXVI, entier

A. Ch. XLiv-L.

OU quinze ans avant les Macchabées, deux cents ans avant Jésus.

La Sagesse de Jésus fils de Sirach eut un assez grand succès à Jérusalem, et le texte en fut longtemps conservé*. Vers l'an 130, le petit-fils de l'auteur, se trouvant porté en Egypte, fut témoin du grand mouvement qui avait fait passer en grec tous les ouvrages hébraïques, et traduisit, pour compléter la série, l'ouvrage de son grand-père. Mais il est évident que les connaissances hébraïques du petit-fils étaient déjà très faibles; sa traduction grecque fourmille de fautes'. Un autre texte grec, enrichi de gloses, nous est pan^enu, parle latin de la Vulgate. La version syriaque, enfin, a été faite également sur l'hébreu et, dans une foule de cas, nous présente l'original mieux que le grec*.

1. Saint Jérôme, Prœf, in libros Sal., laisse place au doute.

2. Par exemple, xxiv, 25, a confondu Tix et -iN"», xxv, 14, CN"^ mal compris.

3. Notez surtout la mention de Job (xxxviii, 1 ; Cf. Sirach, XLix, 11). Le texte de Sirach était sûrement mi'Cn |D 3^î< DN "îDT D3T. On sait que le texte hébreu offre à propos de Cj, une bizarrerie, accusée par un qeri. Sirach avait conservé cette anomalie dans son texte. Son petit-fils a rattaché le D à 2>N* puis d'un } indécis (non final), il a fait un 2 : m>*cnD DD'^N*, twv iy^^^û^ <> c;j.6pw. Le traducteur syriaque et l'arabe qui l'a suivi, ont conservé le vrai texte. Voir le Livre de Jub, p. xxix.

Le Talmud, en effet, cite fréquemment des sentences d'un certain Ben-Sira% dont plusieurs coïncident avec celles de Jésus fils de Sirach. Mais 'apocryphe s'en mêla de bonne heure, et il y eut en hébreu des recueils gnomiques n'offrant rien de commun avec le recueil que l'Église lisait pieusement sous le nom d* Ecclésiastique, Par son terre-à-terre, justement, le livre de Jésus eut une vogue immense dans l'Église. Ce fut le manuel de la pédagogie chrétienne, le guide pratique du prud'homme chrétien. Le nombre des coups de fouet qu'il a fait distribuer a été incalculable. La Sagesse, comme on disait, fut pour ses enfants un véritable bourreau.

1- N")"'D est peut-être la vraie forme ; Comp. ÀxcX^ap-a'j^ (Actes I, 19).

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