‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 190 sur 251 · Il iMacch., IV · texte numérisé non relu

Il iMacch., IV

assez de précautions. La circoncision était souvent, au gj^mnase, un objet de raillerie*, ^émulation que ces jeux entretenaient paraissait aux Israélites zélés une mauvaise chose et autant d'enlevé au sentiment des gloires nationales'.

La ville de Jérusalem se partageait ainsi en deux camps. Une moitié, affolée du désir d'imiter les usages grecs, ne négligeait rien pour gréciser ses allures, son costume, son langage. A ce parti grécomane, s'opposaient les gens pieux, à idées bornées, ceux qu'on appelait les hasidim, hostiles à la civilisation grecque, même dans ses parties excellentes, n'écrivant qu'en hébreu ou en araméen et dans les cadres de l'ancienne littérature. Cette division profonde répondait à une autre, plus profonde encore. La majorité de la communauté juive était fervente; mais il y avait aussi dans son sein beaucoup de tièdes, beaucoup de gens à peine juifs, ennemis de ce que le genre de vie selon la Thora avait d'étroit. Ce groupe indévot était une proie tout offerte à une propagande venant du dehors, surtout quand tous les courants du moment poussaient dans le môme sens. Les Hasidim ^ de

i. Saint Paul, 6G et ^uiv. ; Marc-Aurèle» 556. 2. U iMaccli., IV, 15.

leur côté, formaient une coterie, une « synagogue » tout à fait à part*.

La Thora exécutée comme une loi par une autorité civile juive devait faire quelque chose d'intolérable, et cela est tout simple, ce code étant une œuvre d'utopistes, de théoriciens d'une société idéale, non un droit coutumier formulé, réformé. On le vit bien sous les Asmonéens, quand le pouvoir de la nation appartint réellement à des Juifs. Au temps où nous sommes arrivés, il n'en était pas tout à fait ainsi; mais peu s'en fallait. Les gouvernants perses et grecs se souciaient médiocrement des affaires de toutes ces communautés, si bien qu'elles devenaient des petits États tyranniques. Les choses se passaient comme dans les communautés de raïas de l'empire ottoman, où l'individu est sous le pouvoir absolu de son clergé. Un Juif pieux était donc régi par la Thora juive, admirable pour ses aspirations sociales, mais qui constituait à peu près le plus mauvais code qu'il y ait jamais eu. Cela faisait des situations impossibles. Il n'est pas surprenant que le droit grec, qui était, comme le droit romain, purement rationnel, offrît, selon plu-

i. I Macch., II. i% édit Fritzsche.

LES JL'IFS SOUS LA DOMiNATlO.N GKECQUE. 301

sieurs, pour sortir de ces impasses, une porte tout ouverte.

Ni les Lagides, qui ne pratiquèrent jamais le compelle intrare pour l'hellénisme, ni Antiochus le Grand et son successeur, qui furent tolérants, n'essayèrent d'intervenir dans ce foyer brûlant, pour exercer une influence au profit de Tun ou l'autre des deux partis. Il n'en fut plus de même quand le trône vint à être occupé par Antiochus dit Épiphane*, esprit brouillon, sans tenue, libéral par moments, violent toujours, et qui gâtait les meilleures causes par ses intempérances et son manque de jugement. Les Juifis, prévenus peutêtre, lui trouvaient le visage hautain, Tair farouche, le cœur tellement dur que rien de ce qui touche l'hoiiime, ni les femmes ni la religion, ne pouvaient le lléchir. Selon eux, il n'était pétri que d'orgueil et de fraude'. Son mamjue de dignité, ses actes de polisson débauché n'auraient pas eu grande conséquence, s'il n'eût compromis son autorité en des entreprises sans issue, où les plus tristes déconvenues l'attendaient. Il aimait la Grèce, et il s'envisageait comme le

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