LE LIVRE DE DANIEL
Ceux qui, pour le salut d'îsraêl, ne mettaient pas l'épée à la main et n'embrassaient pas la vie de brigands, essayaient, par des prédications et par des écrits, d'allumer le zèle de leurs coreligionnaires et d'entretenir leurs espérances. Un livre, surtout, eut, à cet égard, une conséquence énorme, et conquit tout d'abord sa place dans la liste des textes sacrés, que Ton aurait pu croire définitivement close.
Parmi les noms mythiques d'anciens sages ayant vécu en gardant toute leur supériorité israélile parmi les païens, brillait en première ligne le nom de Daniel*. Aucun homme n'avait pénétré aussi profondément dans les vues de
i. Voirt. lU, p. 139-140.
Dieu*. Ce fut ce Voyant, fidèle à la Loi et sagace au plus haut degré, qu'un écrivain pieux ressuscita pour consoler le peuple dans son angoisse, lui en montrer la fin et faire luire à ses yeux les splendeurs de ^avenir^
On supposa qu'emmené enfant de Judée, lors de la captivité de Joïakin, il fut élevé avec trois compagnons pour les services de la cour de Nabuchodonosor. Les quatre jeunes gens, dans ce monde pervers, montrent une sagesse étonnante pour ne pas violer la Loi, ne pas manger des nourritures défendues, ne pas participer aux sacrifices des païens. La Loi est une merveilleuse chose, même envisagée en ses prescriptions hygiéniques. Les petits Juifs, malgré leurs abstinences, ont meilleure mine que les enfants qui partagent la même éducation. Jetés dans une fournaise pour n'avoir pas voulu accomplir un acte d'idolâtrie, le feu ne les touche pas; ils se promènent au milieu des flammes et improvisent dans celte situation des prières, des cantiques ^ La sagacité du jeune