‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 212 sur 251 · La prière d'Azarias ne s'est conservée qu'en grec , mais · texte numérisé non relu

La prière d'Azarias ne s'est conservée qu'en grec , mais

Daniel est prodigieuse. Seul, il peut déchiffrer un songe étrange qu'a eu Nabuchodonosor; il est mis à la tête des devins de Babylone. Une autre fois, sous Darius le Mède, à qui il prend un jour la fantaisie d'unifier les religions de son empire (juste ce que fit Antiochus), Daniel est jeté dans la fosse aux lions, et il ne lui arrive aucun mal. Darius fait un édit pour que, dans tout son empire, on adore le Dieu des Juifs.

L'auteur du livre de Daniel est, pour ceux qui ne sont pas au courant de la critique historique, un phénomène psychologique inexplicable. Son ignorance de l'histoire des derniers siècles paraît inconcevable, parce qu'on ne se représente pas à quel point le peuple juif manquait d'annales depuis quatre cents ans. On se figure que tous les siècles ont eu des dictionnaires historiques et des manuels, et on ne comprend pas l'à-peu-près avec lequel un écrivain pouvait parler du passé, quand il n'existait pas tels adminicules. Pour JNabuchodonosor, l'auteur de Daniel est soutenu par les anciens livres hébreux ; mais il n'a aucune idée de

elle a existé dans l'hébreu, d'où on l'a retranchée volontairement. Notez l'arrachement béant de la déchirure: eh. m, versets :24, 25, supposant les versets 22-26 du grec. Pour le cantique des trois enfants, cf. p. 327, note 1.

la fm de l'empire d'Assyrie ni de l'époque perse. A vrai dire il ne s*en soucie pas. II ne recherche que des prétextes à allusions; la chronologie lui est aussi indilTérente qu'à un prédicateur qui cile des historiettes pour égayer son catéchisme et édifier ses auditeurs. A Nabuchodonosor succède un certain Balthasar, personnage de pure invention, à qui il prend fantaisie de donner un festin dans les vases sacrés du temple de Jérusalem (un des méfaits d'Antiochus). Des mots chaldéens mystérieux s'écrivent sur le mur^ En effet, cette nuit même, il est tué, et Darius le Mède", fils de Xerxès (!) le remplace ; celui-ci a pour successeur Cyrus le Perse. L'auteur ne connaît que quatre rois de Perse ^: Cyrus, Darius fils d'Hystaspe, Xerxès, Darius Godoman. Il ne sait vraiment avec détail que l'histoire des cinquante dernières années, depuis Antiochus le Grand*. Pour le reste, c'est la fantaisie de Vaijada juif poussée à son

1. I^DIDI '7pn HjD. Ce sont les mots qu'on voyait sur les poids. Voir Clerraonl-(janneau, Rec. dArchéoL orientale, t. !•', p. 139-159

2. C'est au fond Darius fils d'Hystaspe, que l'auteur regarde comme le fondateur de l'empire mfido-perse. Les Grecs aussi apptîlienl les guerres de Darius ^M<?rre5mt'rf<^Mtf5 (cf. II. Eslienne,

Mrj'î'ix^';).

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