Loi du Deutéronorae (xx
prise de nuit. Gorgias fut chargé d'exécuter ce coup hardi. Juda, qui en fut informé, fit prendre un repas à ses hommes; puis il ordonna d'allumer de grands feux, décampa dans le plus profond silence, et se jeta dans la montagne, en se rapprochant par des détours du corps principal de l'armée syrienne.
Gorgias tomba sur le camp juif, qu'il trouva évacué. Croyant que les Juifs s'étaient enfuis dans la montagne, il s'y jeta de son côté pour les poursuivre. Mais Juda, qui connaissait le pays, arriva, dès l'aube, en vue du camp syrien. Les trompettes sonnèrent la charge ; les Juifs se précipitèrent avec furie ; malgré leur petit nombre^ profilant de l'étonnement des ennemis, ils remportèrent en quelques heures une complète victoire. Tout était fini, et le camp syrien était en flammes, quand survint Gorgias, qui avait battu la campagne sans trouver personne devant lui. Pris de terreur et de découragement, ses soldats se dispersèrent. Le butin fut énorme.
La conséquence de la victoire d'Emmaùs (printemps de 165) semblait être la reprise de Jérusalem, qui devait tenir si fort à cœur au héros juif. Mais Juda sentait que la guerre de campagne n'était pas finie. Lysias, en effet, n'était pas
loin «, et accourait en personne pour venger réchec de ses lieutenants (automne de 165*). Il fut complètement battu à Bethsour, près d'Hébron, puis revint à Antioche, pour préparer une revanche qui ne devait jamais venir.
Rien ne s'opposait plus à ce que Juda Macchabée rentrât dans Jérusalem et enchâssât Tabomination de la désolation^ La position d'Akra était si forte qu*il ne songea pas sérieusement à en déloger les Syriens. Mais, séparées par une vallée, les deux collines de Jérusalem étaient assez indépendantes Tune de l'autre pour qu'une garnison placée sur l'une des acropoles ne gênât pas beaucoup les services religieux qui se pratiquaient sur l'autre. Les murs ayant été détruits par ordre d'Antiochus, Juda put pénétrer sans coup férir dans la ville et la cour du temple. Les renégats allèrent se mettre sous la protection des Syriens dans Akra.
Le spectacle qu'offrait l'enceinte du temple
1. I Macch., IV, 29. Tout cela se comprend peu s'il venait d'Antioche. Qu'on lise 'I<5'ou{xatav (Fritzsche) ou l'ancienne leçon *UM^a.iM (cf. Josèpïîe), on ne conçoit pas que, s'il y eût eu un long intervalle entre la bataille d'Eramaùs et l'arrivée de Lysias en Judée, Juda Macchabée n'eût pas pris plus tôt Jérusalem. On ne peut, du reste, s'empêcher d'avoir quelque doute sur cette bataille de Lysias.
2. I Macch., IV, 26-35;lI Macch. ,xi, 4-15; Jos.,Ani., XII, TiuS.