‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 241 sur 251 · os. fAnt., XX, X · texte numérisé non relu

os. fAnt., XX, X

une faute; c'est par ce biais que la famille asmonéenneput s'introduire dans la fonction qui, selon les idées juives, était presque l'équivalent de la souveraineté.

La meilleure preuve que le soulèvement macchabaïque avait des racines profondes et répondait au sentiment d'une partie de la nation, c'est que la bande de Juda, loin de se dissoudre après le désastre d'Élasa, se retrouva forte, agissante, décidée. D'une commune voix, les partisans de Juda Macchabée élurent pour les commander son frère Jonathan. Il avait la he-avoure, la ténacité de Juda, mais un fanatisme beaucoup plus traitable. Son plan de conduite fut naturellement tout autre. Bacchide tenait réellement la Judée. Une guerre ouverte contre les Syriens était impossible. Jonathan, Simon son frère et toute la bande résolurent de gagner le désert, où le mouvement national avait grandi, huit ans auparavant. Ils allèrent du côté de Thékoa, et se fixèrent près d'un puits nommé Asfar. Là Jonathan et ses compagnons menèrent pendant sep' ans une vie de bandits, fort ressemblante à celle que David avait autrefois menée dans ces parages. La religion paraît avoir été pour eux un souci de second ordre. Ces saints, ces sauveurs de la Loi étaient de vrais Arabes pillards. Ils nouèrent

de bonnes relations avec les Nabatéens du sud de la mer Morte et leur confiaient la garde de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs bagages ; pendant ce temps, ils brigandaient. Il se formatent un cycle de leurs aventures, analogues à celles que contaient les vieux livres hébreux, analogues aux vieux récits arabes, sur le temps des Juges et la jeunesse de David. On célébra surtout leurs batailles avec les Beni-Jamri de Médaba^ Jean surnommé Gaddis, un des cinq fils de Mattathiah, avait été enlevé et tué par les gens de cette famille, pendant qu'il conduisait la smala aux Nabatéens.^ Ses frères le vengèrent. Les Beni-Jamri fêtèrent en ce temps un beau mariage. On allait chercher la fiancée à Nadabath. Cachés dans les montagnes, Jonathan et ses compagnons épiaient le cortège, qui traversait le désert en grande pompe, avec accompagnement de musique et de tambours. Les gens de Jonathan tombèrent sur la troupe joyeuse et tuèrent tout ce qui ne se sauva pas dans la montagne.

La fête, ce jour-là finit en élégie A la voix des chanteurs Succédèrent les pleurs *.

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