Néh., IV, 17. Au lieu de DiDn ^TibVf Hsez n^a inn'Jlîr
La situation économique intérieure de la ville était, en même temps, des plus difficiles. Avant Tarrivée de Néhémie, la population de Jérusalem et des environs était déjà fort obérée. Pour payer le tribut dû au roi des rois, la plupart avaient été oblic[és d'ens^aser leurs maisons et leurs terres, de vendre leurs fils et leurs filles, de contracter des hypothèques qui auraient fait d'eux avec le temps des esclaves. Le relèvement des murs porta le mal à son comble. S'il n'y avait pas dans le fait en question d'usure caractérisée, il y avait un prêt à gages conclu dans des conditions bien choquantes au point de vue religieux, puisque c'était par suite de leur piété que ces pauvres gens allaient être dépouillés. Dans ces cas d'emprunts hypothécaires, d'ailleurs, la récolte appartenait aux créanciers, et les pauvres n'avaient plus de quoi vivre. Des Juifs ayant de tels procédés envers des Juifs, quoi de plus abominable! Néhémie, ses parents, ses officiers avaient commis de pareils prêts. Il renonça tout le premier à ses créances, et agit si bien par son éloquence que tous les créanciers suivirent son exemple.
Quand le travail fut presque achevé, que les brèches furent réparées et qu'il ne resta plus que les battants des portes à placer, Sanballat, To-
biah, Djeschm et les autres créanciers des Juifs recommencèrent leur opposition. A quatre reprises différentes, Sanballat et Djeschm invitèrent Néhémie à une conférence dans un des villages de la plaine d'Ono, près de Lydda. Leurs intentions étaient perverses. Néhémie fit une réponse que doivent toujours avoir dans Tesprit ceux qui ont quelque devoir à remplir dans la vie : ce Je fais une grande œuvre, et je ne peux descendre*. » Sanballat revint à la charge. Il envoya une lettre ouverte à Néhémie, amsi conçue : « On entend dire dans les populations, et Djeschm dit que toi et les Juifs vous pensez à vous révolter; c'est pour cela que tu bâtis cette muraille, et, d'après tout cela, tu deviendrais leur roi. Et tu as aposté des prophètes pour te proclamer à Jérusalem roi de Juda. Or tout cela sera porté à la connaissance du roi. Viens donc pour que nous nous entendions. » Le but de Sanballat était, en effrayant Néhémie, d'empêcher l'ouvrage d'être terminé et les portes d'être placées.
Néhémie se garda bien de tomber dans le piège. Il y avait, en effet, encore des nebiim à Jérusalem. Mais, loin d'être favorable à Néhémie, l'un d'eux,
l. Magnum opiis facio, et non possum descenderê
Semaïah lils de Delaïah*, se laissa gagner par Sanballat, et chercha à perdre Néhémie par Tiiitrigue la plus compliquée. L'habile péha, qui connaissait bien ses compatriotes, sut s'en tirer adroitement.
Chose singulière! Néhémie paraît avoir rencontré, même dans la classe des hommes pieux, une opposition assez vive. Un petit poème, qui peut être de ce temps, a Tair de contenir des allusions contre lui. Son activité, son habileté tout humaine ressemblaient à de la confiance en soi-même, à de Torgueil, le péché le plus impardonnable que puisse commettre un Juif :
Si lahvé ne bâtit une maison', C'est en vain que travaillent ceux qui la construisent.
Si lahvé ne garde une ville,
C'est en vain que la sentinelle veille.
C'est en vain que vous avancez l'heure du lever.
Que vous retardez l'heure du repos,
Que vous mangez le pain bis de l'ouvrier,
lahvé donne tout à ceux qu'il aime, pendant qu'ils dorment^.
1. Néh., VI, 10 etsuiv. Au v. 14, lisez aj Ni2:n n^^D'jb D31 ir\^^' Noadiah est à biffer du nombre des prophètes.
2. Ps. cxxvil. Nous avons déjà remarqué que fréquemment la Bible contient juxtaposés les écrits pour et contre une thèse. Les grands recueils mis par les Grecs sous les noms de Platon, d'Aristote, d'Hippocrate, offrent la même particularité,