‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 60 sur 251 · Néh., XII, 27-43, fragment des Mémoires · texte numérisé non relu

Néh., XII, 27-43, fragment des Mémoires

fit monter sur la muraille les princes de Juda, et y disposa deux grands chœurs, qui, partant musique en tête de la porte d'angle (porte de JafFa actuelle) et marchant en sens contraire, l'un vers le Sud, l'autre vers l'Est, devaient se réunir au temple. Les deux cortèges se composaient, après les chantres, des princes de Juda et des prêtres avec leurs trompettes ^ Dans une des processions, Néhémie fermait la marcher L'un des cortèges contourna le rempart du côté du sud ; arrivé vers Siloah, il quitta le mur, monta les degrés qui menaient, le long d'Ophel, à la ville de David, c'està-dire à Sion. Le second cortège, celui où figurait Néhémie, suivit la ligne des remparts du nord, dans ses courbures, jusqu'à la porte la plus rapprochée du temple. Là les deux chœurs se rencontrèrent, et sans doute un toda solennel fut chanté. On croyait voir présider à ces cérémonies Tombre de David ; les chants, les instruments de musique dont on se servait, on les croyait renouvelés de lui. La fête se termina par des sacrifices, des festins, des chants de joie.

1. Comp. Ps. Lxviii; mais ce psaume est ancien; la procession calqua le psaume.

2. Selon le texte actuel, le scribe Esdras marchait en télc du premier cortège. C'est là une insertion de l'auteur des Cl)r(>-

Jamais la prétention de fonder une ville sur la religion, sans l'appui des guerriers, n'avait été plus franchement avouée. Les villes antiques ne survivaient pas à la défaite de la patrie. Si l'acropole d'Athènes avait été prise par les Perses, on n'eût pas vu les prêtres venir s'y réinstaller et recommencer, sans Athènes libre, les processions des Panathénées. Or Néhémie ne parait pas avoir une seule fois songé que quelque chose d'essentiel manquait à sa cité, et que cette ville de prêtres et de musiciens portait au front la tache de servitude. Ces prêtres qui sonnent béatement de la trompette sur ces murs bâtis avec la permission d'un despote, ne se sentent pas esclaves. Tant il est vrai que c'est une Église qui se fonde ce jour-là à Jérusalem, et non pas une cité. Une foule qu'on amuse avec des fêtes, des notables dont on flatte la vanité par des honneurs de processions, ne sont pas les éléments d'une patrie ; l'aristocratie militaire est nécessaire. Le Juif ne sera pas un citoyen; il demeurera dans les villes des autres. Mais, hâtons-nous de le dire, il y a dans le monde autre chose que la patrie. Socrate, au moment où nous

niques, qui a voulu que Néhémie (iprur&t dans la manifestatiou d'Esdras, et Esdras dans celle de Néhémie.

Page 1