MaUh., XVII, 24, demi-sicle
était nécessaire au temple ; les autres pouvaient manger leur part de la dîme où bon leur semblait.
On croyait en tout cela, surtout en ce qui concernait les chanteurs, ne faire que rétablir un ordre réglé par David et Salomon. Asaph passait de plus en plus pour le créateur de la musique religieuse, et on se fortifiait dans l'idée que David avait composé un grand nombre de tehillim et de todoth^.
Désormais, la Thora existe comme un livre bien déterminé. On croit remarquer que des additions y ont été faites encore postérieurement; mais la législation était fixée dans ses parties essentielles, et les copies qui se firent dès lors furent peu différentes les unes des autres. L'ouvrage était trop long pour être copié en un seul rouleau; on prit Thabitude de le diviser toujours, d'une façon uniforme, en cinq volumes ou megilloth'. L'écriture était déjà bien plus connue qu'elle ne l'avait été jusque-là. La lecture publique était encore seule en usage. La lecture privée allait commencer. Le séfer cesse d'être un document que
4. Néli., XII, 4i-47, addition de l'auteur des Chroniques, Comp. Esdras, m, 10; Néh., xii, 24, 35-36. 2. C'est re qu'on appela les cinq cinquièmes de la Thora,
Ton consulte au bisoin, pour devenir le livre que Ton copie à plusieurs exemplaires tous semblables ^ Une révolution analogue s*opérait à peu près vers le même temps en Grèce. Les Muses crHérodote marquent bien le passage du livre réservé pour les lectures en plein air au livre destiné à la lecture domestique.
Une telle révolution coïncide presque toujours avec le moment où les matériaux pour écrire deviennent communs et à bon marché. En Grèce, comme dans tout l'Orient, le papyrus préparé d'Egypte était employé à profusion. Le livre philosophique, qui, dans les pays [grecs, avait consisté jusque-là en poèmes de cinq ou six cents Jvers, pesés mot par mot, qu'on écrivait sur des tablettes et qu'on déposait dans un temple, va bientôt devenir un charmant bavardage. Dès que le papier n'est plus cher, on se met à écrire comme on parle; les Dialogues de Platon remplacent les énigmes obscures d'Heraclite. En Israël, c'est vers la même époque que les livres se répandent ; beaucoup de gens savent lire, ont des exemplaires de la Loi, en font leur méditation habituelle. On taille le livre en sections pour les lectures publi-