Exode, II
tive n'a rien que de vraisemblable. Ses rapports avec les Madianites arabes, sorte d'Hébreux non asservis par l'Egypte, et avec les Kénites iduméens, surtout avec un certain léter ou létro*, dont il aurait épousé la fille, paraissent aussi porter un caractère à demi historique. Fut-il réellement le chef de la révolte et le guide d'Israël fugitif? Qu'un fonctionnaire égyptien, de race mixte, chargé de surveiller ses frères, ait joué un rôle analogue à celui des mulâtres de Saint-Domingue, et ait été l'auteur de la délivrance, cela est possible assurément. Mais ce qui est possible aussi, c'est que tous ces récits de l'Exode, où la fable a pénétré pour une si large part, soient plus mythiques encore qu'on ne le suppose d'ordinaire, et qu'il ne faille, de tous ces récits, conserver que le fait même de la sortie d'Israël de l'Egypte et de son entrée dans la péninsule du Sinaï.
Il ne semble pas qu'avant de quitter Pa-Ramsès, les Israélites et leurs compagnons aient eu d'autre objectif que de fuir la tyrannie de Pharaon.
1. Exode, IV, XVIII. La terminaison o est une particularité des dialectes aratnéo-arabes de la région madianite (inscriptions siuaïtiques, nabatéennes). D'un autre côté, les formes ")n\ ^nn*, nn-, N")n^ portent à supposer bniT)^ comme nom de tribu. Y. cidessus, p. 94-95, 105.