I. Il
S'ils eurent dès lors l'idée de conquérir cette terre de Chanaan, où leurs ancêtres avaient erré en nomades, cette idée devait être chez eux très obscure» Il s'agissait, avant tout, de sortir de l'Egypte. Deux itinéraires se présentaient. Le premier eût consisté à prendre par le Nord-est, à gagner la Méditerranée, puis à suivre la grande route unique qui, de tout temps, a mis la Syrie et l'Egypte en rapports, le long de la mer. Mais les nomades n'aiment pas les grandes routes. Une raison décisive, d'ailleurs^ détourna les fugitifs de prendre cette direction. Au bout de quelques jours de marche, on eût rencontré les Philistins, alors dans toute la vigueur de leur organisation militaire ^ Les Israélites et les émigrants qui les accompagnaient étaient à peine armés; la lutte contre ces rudes guerriers eût été trop inégale*. On résolut donc de prendre par le Sud-est et de gagner le plus vite possible la péninsule du Sinaï. En trois campements, on joignit l'endroit que les Sémites appelaient Pi-hahirot% en face du camp retranché des Hyksos, abandonné ou détruit depuis xVhmos I".
La branche de la mer Rouge qui de nos jours so
i. Voy. ci-dessus, p. 157-158.