Sain., xxi, i ; Exode, xxxiii
i. I Sam., XIV, 36. On disait aussi c s'approclicr des éloïiim [ou d'Élohim], amener quelqu'un aux élohiml on à Élohim] ». clr. Livre de l'alliance, Exode, xxi, (•; xxii, 7,X.
&. Josué, IX, U.
C'était le jugement de Dieu*, avec tous ses dangers; mais il est douteux que les Israélites l'aient appliqué, comme on fit au moyen âge, à des causes criminelles. Môme limitée aux causes civiles, cette superstition aurait pu être terriblement funeste, si elle n'eût été entre les mains des principaux et des plus sages de la nation, qui dictaient la réponse des prêtres et par conséquent celle des urim et tummim. De même l'oracle de Delphes fut toujours, à ce qu'il paraît, inspiré par le sentiment le plus juste de l'intérêt de la Grèce. Ce que l'oracle matériel et sacerdotal, qui mettait la destinée d'Israël à pile ou tête, menaçait directement, c'était le prophétisme. Il y avait là une compétition des plus dangereuses. Le tourniquet allait anéantir l'esprit ; le lévi allait tuer le nabi; l'oracle officiel allait étouffer l'inspiration libre en Israël.
Un grave abus, en effet, c'est que les particuliers assez riches pour se faire plaquer un éphod et pour prendre à gages un lévi, avaient par là chez eux un oracle domestique, qu'ils exploitaient à leur profit. Il se produisit plusieurs cas de cet abus*. L'arche
i. Voir surtout Livre de Talliance, Exode, xxii, 8.
2. Le plus célèbre est celui de Mikah. Juges, ch. xvii, xviir. Le fait de Gédéon (Juges, vin, 27) est du môme ordre. Voir ciaprès, p. 329 et suiv., 350 et suiv.
280 HISTOIRE DU l'KUPLE D'ISRAËL.
les empêcha de prendre un grand développement. L'éphod de l'arche supprima les autres éphods. Il perdit lui-même beaucoup de son importance par la construction du temple. On ne pouvait songer à introduire dans le saint des saints tous ceux qui voulaient consulter lahvé. Plus tard, la réforme d'Ézéchias dut supprimer ce grossier usage. La victoire de l'esprit prophétique était complète. Un de ses effets fut sans doute de rejeter dans l'ombre ce reste de la vieille superstition d'Israël.
L'éphod, cependant, disparut-il tout à fait sous Ézéchias, comme le nehustan? Cela n'est pas probable; car, dans le culte restauré au vi* siècle, nous trouvons quelque chose qui n'en peut être considéré que comme la transformation. L'insigne le plus caractéristique de ce riche costume qu'on rêva pour le grand prêtre, et où l'on entassa toutes les splendeurs, était cette large pendeloque pectorale, en émail cloisonné, composée de douze pierres précieuses, sur lesquelles étaient écrits les noms des douze tribus d'Israël. Sans s'expliquer avec toute la clarté que nous voudrions, les textes* confondent ce pectoral avec l'ancien éphod, et y placent d'une
i. Exode, xxvni entier; Lévit., viii, 7-9; Deut., xxxm, 8; Eccli., XLT, l!2-13(latin); Philoo, Vita Mosis, III, 11 ; Demonhrcltia, II, 5.
manière assez obscure Vurim et le tummim. Peutêtre la partie supérieure du pectoral contenaitelle le disque ailé et les uraeus*; c'était ce qu'on appelait l'oracle*. On était heureux de penser qu'Aaron portait l'oracle d'Israël sur son cœur\ Cela ne répondait plus à rien de pratique et n'offrait aucun danger. Le vieux sacrement, en quelque sorte, était atrophié, matérialisé, devenu un joyau de chasuble. Le sacerdoce officiel l'avait supprimé en s'en emparant*. L'imagination religieuse, cependant, ne s'arrête jamais. Cet oracle pectoral donna lieu de croire que le|prophôtisme était plaqué, si l'on peut s'exprimer ainsi, sur la poitrine du grand prêtre. De là vint plus tard l'idée populaire que le grand prêtre était prophète une fois dans l'année".
Ainsi Vurim et tummim finit obscurément. Au V' siècle avant Jésus-Christ, on ne savait plus bien ce que Véphod, Vurim et le tummim avaient été °.
i. Voy. ci-dessus, p. 274 et saiv.
2. Aôytov OU XoysTov des traducteurs grecs. Voy. Gesonius, sur r expression îDD^Dn îC?n.