LÉGENDES GALAADITES, — JEPHTÉ
Les tribus au delà du Jourdain, établies lespremières et à une époque où l'idée d'un dieu commun à tout Israël existait à peine, n'ayant d'ailleurs avec le reste d'Israël qu'un lien assez lâche, éprouvaient plus vivement qu'aucune autre famille le désir d'un culte particulier. Les iahvéistes de l'Ouest les accusaient de ne pas être de la religion du reste d'Israël *. Le fait est que les tribus transjordaniennes avaient, au delà du Jourdain ', un autel particulier, que plus tard les puritains leur reprochèrent comme un crime. C'était probablement le vieux Galaad (monceau du témoignage) '
i. Josué, ch. XXII, composé d'un fond jéhoviste et d'altérations sacerdotales, postérieures à Josias.
ÎJ. Josué, XXII, 10-H. C'est bien au delà, noa en deçà. 3. Josué, XXII, 34.
sur lequel on avait fait des sacrifices, des libations, des festins d'alliance, dès la plus haute antiquité. Cet antique lieu saint était probablement celui-là même qui est appelé ailleurs Mispa, ou Mispé Galaadj ou Ramot Mispé, ou Ramot Galaad. Là se prêtaient les serments solennels ; c'était la capitale religieuse de la TransJordanie *. L'autel était dédié à lahvé aux époques où le pays faisait corps avec Israël; mais le iahvéisme n'était pas ici sur son terrain. Plusieurs doutaient sérieusement que le domaine de lahvé s'étendît au delà du Jourdain». Le vs^ste territoire de la demi-tribu orientale de Manassé, c'est-à-dire le Basan, se peuplait lentement. Ces pays n'eurent vraiment de civilisation qu'à partir du i" siècle de notre ère^ Le grand colonisateur fut ici le manasséite Jaïr, sur lequel la tradition varia singulièrement; car les uns en faisaient un contemporain de Moïse, les autres lui donnaient rang parmi les Juges. Ce qu'on appelait Havvotli laïr, « les bourgs de Jaïr »,
1. Juges, X, 17 ; XI, 11, 29, 34. Voy. les dictionnaires hébreux, au mot Ilamoth. Notez surtout Juges, xi, 11 : nin> ^Jd'? nSjJD2. Ilarnolh Galaad était à peu près sur reraplacomont où so voient aujourd'hui les ruines de Gadare (Om-Keis).