‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 233 sur 280 · Juges, XVIII, 13 et suiv · texte numérisé non relu

Juges, XVIII, 13 et suiv

2. Si ce nom n'est pas altéré, lo sens semit : c Qui est comme lahvé? > Notez également des noms iahvéistes théophoros dans la famille de Gédéon.

maison un éphod et un téraphim\ en bois sculpté et en fonte, c'est-à-dire une complète « maison de Dieu », parallèle à celle de Silo.

Il fallait un prêtre à ce temple. Mikah consacra d'abord pour cela un de ses fils ; mais bientôt il eut des scrupules. Il était reçu, en effet, que le service divin ne pouvait être bien fait que par un de ces gens, hors cadre et hors tribu, qui vagabondaient en Israël et qu'on appelait lévis. Un jour, un de €es lévis passa par le village où demeurait Mikah. C'était un jeune homme de Belhléhem de Juda. Comme tous les lévis, il était affilié à une tribu; mais il y était presque étranger*. Il quitta Bethiéhem, où il n'avait pas de moyens d'existence, pour aller chercher un lieu où on voulût bien l'accueillir et se servir de lui comme prêtre et comme devin à gages. Mikah l'accueillit, le salua père et prêtre, lui donna dix sicles par jour, outre la nourriture et le vêt4ement, et le fit demeurer dans sa maison. « Maintenant, se dit-il,je sais quelahvé va me faire du bien; car j'ai un lévi pour prêtre. » L'oracle acquit beaucoup de réputation et rapporta de beaux profits à Mikah.

i. Ce mot est traité comme singulier, I Sam., xix, 13, 16. 2. Juges, xvii, 7 ; cf. xviii, 30.

Or il arriva que les envoyés de Dan, traversant les montagnes d'Éphraim, eurent connaissance de l'oracle deMikah, et voulurent le consulter sur le bon ou le mauvais succès de l'entreprise. Le lévite fit jouer la machine et sortit en disant : « La chose est droite devant Lihvé. » Les envoyés danites vinrent bien vite raconter cela à leurs compatriotes. L'émigration fut décidée. Six cents hommes partirent de Soréa et d'Estaol, avec leurs armes, leurs familles et leurs troupeaux. Ils firent halte à Kiriat-Iearim et peut-être y séjournèrent*. La bande d'émigrants monta ensuite dans les montagnes d'Éphraim et arriva à la maison de Mikah. Les messagers qui avaient consulté Toracle leur donnèrent alors un singulier conseil, c'était de voler tout cet attirail de culte, Véphod, les teraphinij le fésel, la massf'ka, et de les emporter avec eux, vu que, dans le nouvel établissement qu'ils allaient fonder, ils n'auraient pas d'ustensiles sacrés. Le lévi fit d'abord quelques difficultés; mais on lui montra qu'il valait bien mieux pour lui être le père et prêtre d'une tribu d'Israël quo d'un seul homme. Il emporta Vephod, les teraphim, le féself et prit place au milieu de la troupe.

1. A l'ouest de Kiriat-learim, il y avait un lieu appelé le camp des Danites. Voy. ci-dessus, p. 348.

On mit en tête les enfants, le bétail et les bagages; car on s'attendait à être attaqué par derrière. Effectivement, quand Mikah et les gens de son voisinage, qui pratiquaient leur culte de lahvé à son établissement religieux, virent qu'on leur avait volé les objets de leur culte, ils se mirent à la poursuite des Danites avec de grands cris. — « Qlie veut dire ce rassemblement? » demandèrent les Danites à Mikah. — Mikah leur répondit : « Mon dieu, que je m'étais fait, vous l'avez pris, et mon prêtre aussi, et, après cela, vo\is osez me demander ce que j'ai! » — Les Danites lui dirent : t Qu'on n'entende plus ta voix parmi nous, de peur qu'il n'y ait des gens de mauvais caractère qui fassent un mauvais parti à toi et aux tiens. » Les Danites continuèrent leur chemin; Mikah, voyant qu'il n'était pas le plus fort, rentra chez lui.

La marche des Danites à travers les tribus israélites n'offrit aucune difficulté. La conquête de Laïs n'en présenta pas davantage. Les Chananéens de ces contrées étaient gens paisibles et confiants; ils avaient peu de relations avec les rois et les peuplades bédouines des environs, et Sidon était trop loin. Tous furent massacrés et la ville fut brûlée. Voilà qui est fort odieux. Mais il n*y a pas de race dont les ancêtres aient mieux agi. L'histoire du

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monde, c'est l'histoire de Troppmann. Si Troppmann eût réussi à se sauver en Amérique, il fût devenu conservateur après avoir été assassin, et il eût fait, du bien acquis par d'autres, un très brillant emploi.

Il semble que les Danites eurent d'abord l'inteiftion de reprendre leur vie nomade et de reconstituer leur mahané. Mais la beauté et la richesse du pays les fixèrent. Ils renoncèrent au brigandage, rebâtirent la ville et l'appelèrent Dan, nom qu'elle porta désormais. Ils y installèrent l'éphod et les sculptures plaquées qu'ils avaient pris à Mikah. Un sacerdoce lévitique fut établi pour Ifr service de l'éphod, et, à force d'impostures, on réussit plus tard à le rattacher à Gersom, prétendu fils de Moïse*. Cela dura jusqu'à la lin du royaume d'Israël. Les autres Israélites eurent ce culte de& Danites du Nord en forte aversion. Ils appelaient l'image sacrée de Dan « le féscl que Mikah avait fait D. Il y opposaient, avec l'orgueil de l'orthodoxie, l'arche qui était alors à Silo '.

Laïs ne fut pas sans doute le seul point de la

1. Juges XVII, 7; xviii, 30. Sur l'addition du J dans DUD, voy. Dorthcau ou tout autre commentateur.

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