‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 245 sur 280 · Juges, XX, 1,3; xxi, I · texte numérisé non relu

Juges, XX, 1,3; xxi, I

374 IllSTOinE DU PEUI'LE D'ISRAËL.

vir d'assise à une grande ville*. C'était, au contraire,, un point tout indiqué pour des diètes fédérales, quibientôt revêtirent un caractère sacré '. L'arche n'y fut jamais établie; mais \esofet fut amené à y faire ?a résidence habituelle, et sûrement cette importance politique de Mispa ne fut pas sans peser de quelque poids dans l'élection providentielle de Jérusalem pour de brillantes destinées. Jérusalem n'est qu'à une lieue de Mispa, et, du haut de la montagne, on devait apercevoir la petite acropole (millo) des Jébuséens sur la colline de Sion.

Le pouvoir des Juges prenait chaque jour de l'extension. Les rapports des tribus entre elles se resserraient; l'idée de l'unité d'Israël se précisait. Le iahvéisme devenait de plus en plus le culte national. Déjà, probablement, les grandes lignes de l'histoire sainte étaient tracées [dans la conscience israélite, sans être écrites. On se disait que lahvé avait tiré Israël d'Egypte et lui avait promis la pleine possession de la terre de Ghanaan. L'écriture se répandait; on ne faisait [pas de livres; mais bien des choses pour lesquelles le vieux syslènie mnémonique avait suffi jusque-là étaient

. . Robinson, I, p. 457 et suiv.

î. Juges, XX, 1 ; XXI, 5, 8.

désormais fixées dans le caractère simple et clair dont les Sidoniens tiraient tant d'utilité.

Silo devenait, en même temps, une sorte de capitale religieuse de la nation*, lahvé, à ce qu'il semble, y était seul adoré. L'arche, après un long séjour à Bélliel, y avait été portée, et tout le monde venait là consulter l'oracle. Il y avait des fêtes annuelles, une sorte de pèlerinage ^ On allait à Silo comme à une ville sainte de toutes les parties d'Israël. C'était là un pas immense. L'arche était, en Israël, le centre du mouvement, la cellule initiale de l'organisation future, ce qu'est, en embryogénie, le premier point vivant. C'est à Silo que l'on put comprendre quelle importance aurait ce coffre pour l'unité de la nation. Il en était, à vrai dire, le facteur essentiel; car, s'il y eut de nombreux éphods, de nombreux endroits de sacrifice, il n'y eut jamais qu'une seule arche; et voilà pourquoi, plus tard, il n'y eut qu'un seul temple. La présence de l'arche à Silo n'empêchait pas, du

1. I Sam., ch. I, ii, m, surtout m, 21. Le passage Gen., XLix, iO, douteux.

2. Juges, XXI, 19; I Sam., i, 3, 7, 9, 21 et toute la suite, eu se défiant de la rédaction tardive, qui entraîne de fausses assimilations avec le temple. Notez encore I Sam., ii, 11-17, 18 et suiv., passages qui ne peuvent guère être allégués comme autorités pour la hmte antiquité.

reste, que l'on consultât lahvé à Mispa et à Gilgal*. 11 n'est pas probable que l'arche présentât dès lors la riche décoration qu'elle eut du temps de Salomon. Sans doute le bois dont elle était faite dut être renouvelé bien des fois. Les sphinx ou éperviers aux ailes repliées ne cessèrent jamais de décorer le couvercle. Si l'or y avait été aussi prodigué que le disent les descriptions modernes, le petit sanctuaire eût couru bien des dangers, à une époque où la terre d'Israël était si mal gardée contre les pillards. On ne voit pas non plus que la tente où le naos portatif était déposé ait jamais reçu de notables ornements. Mais le sacerdoce prenait de l'importance. Éli, prêtre de Silo, fut durant quarante ans, une sorte de juge. Ses deux fils Pinehas 8t Hofni ouvrirent, dit-on, l'ère des abus. On se souvint longtemps en Israël des longues fourchettes à trois dents qu'ils plongeaient dans les marmites et les pots des pauvres gens qui venaient sacrifier. On racontait de plus que Hofni et Pinehas avaient avec les femmes de service, aux abords de la tente sacrée, les relations les plus profanes. Il en résulta, dit-on, un discrédit momentané pour le pèlerinage de Silo*.

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