‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 246 sur 280 · ISam., II, 12 et suiv · texte numérisé non relu

ISam., II, 12 et suiv

LES BiiNI-ISIlAËL A L'ÉTAT DE TRIBUS FIXÉES. 377

Les idées faisaient leur chemin malgré tout, avec la logique enfantine des âges primitifs. On s'imagina qu'en menant l'arche à la bataille contre les Philistins, elle assurerait la victoire aux Israélites, et, dans une guerre, on la fit venir de Silo au camp près d'Afeq. Le contraire de ce qu'on avait espéré arriva : les Israélites furent battus ; l'arche fut prise et portée à Asdod. Selon l'usage*, les Philistins la placèrent comme un trophée dans le temple de leur dieu Dagon. Puis la susperstition, commune à tous les peuples antiques, leur fit croire que certaines maladies étaient la suite de la présence chez eux de ce meuble dangereux. Ils le renvoyèrent à Beth- Sémés, en terre israélite, sur le champ d'un certain Josua. lahvé portait alors avec lui plutôt la terreur que l'amour. Josua fut saisi de crainte et proposa aux gens de Kirialh-Iearim de recevoir chez eux l'hôte redoutable. Les gens de Kiriathlearim vinrent prendre l'arche ; ils la déposèrent chez un certain Abinadab, qui demeurait sur la hauteur, et consacrèrent son fils Éléazar pour la garder. Il paraît qu'elle resta vingt ans dans cet endroit'.

Le sacerdoce de lahvé k Silo avait une certaine

i. Inscr. de Mésa, lignes 12-13,18.

2. 1 Sam., VI, 1 et suir. Le passage I Sam., xiv, 18, est un.

tendance à devenir héréditaire. Dans une trentaine d'années, nous trouverons l'éphod entre les mains, d'un arrière-pelit-fils d'Éli. L'éphod, c'est-à-dire la machine divinatoire, étant un petit objet portatif, on s'habituait de plus en plus à l'avoir avec soi dans les expéditions, pour consulter à tout propos lahvé. Mais le pouvoir rival de l'éphod, le prophétisme^ prenait de bien autres développements. C'est vers la fin de la période des Juges que le nabi, sans arriver encore à l'importance qu'il eut au ix^ siècle avant Jésus-Christ, commence à se dessiner avec cette originalité qui va faire de lui l'axe même et le pivot de l'histoire d'Israël.

A côté du nabi, simple sorcier, que l'on consultait sur la pluie ou la sécheresse, auquel on s'a-^ dressait pour trouver un objet perdu, et qu'on n'abordait pas sans un cadeau ou une petite pièce d'argent à la main*, il y eut désormais le nabi s'occupant de politique, mêlé à toutes les affaires, à toutes les intrigues du pays. Les prophètes de l'ancienne époque vivaient isolés, sans doctrine commune. Au temps où nous sommes, ils ont une discipline; ils forment des groupes. Ils arrivèrent

texte sûrement altéré. Comparez le grec. Il faut lire "ICN*. La faute a eniralné une glose erronée.

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