Sam., X, 23-27; xi, 12 et suiy
2. Il règne les plus prands doutes sur les diverses localités qui ont porté le nom de Galgal ou Gilg.il. Plusieurs pensent qu'il k'agit ici d'un Gilgal qui aurait existé eu Éphraïm.
LES BENl-ISKAËL A L'ÉTAT DE TRIBUS FIXÉES. 39â
D'après ce récit, de beaucoup le plus authentique, la royauté est une bonne chose. C'est Dieu qui la donne au peuple, sans qu'il l'ait demandée, comme une sauvegarde. Tout se fait avec la connivence de Samuel. Plus tard, on raconta l'événement d'une tout autre manière. On supposa que Samuel, devenu vieux, établit ses deux fils, Joël et Abiah, juges sur Israël*, mais que ceux-ci, loin d'imiter leur père, se laissèrent corrompre, reçurent des cadeaux, firent fléchir la justice. Alors tous les vieillards d'Israël seraient venus trouver Samuel à Rama, et lui auraient demandé un roi pour les gouverner, a: comme en ont tous les peuples ». Non sans de vives objections, et après leur avoir tracé un tableau fort sombre des abus de la royauté, Samuel aurait consenti à contre-cœur.
Ce sont là les sentiments qu'éprouvèrent en effet les prophètes, aune époque bien plus moderne. On les prêta rétrospectivement à Samuel. Les hommes de Dieu, les prophètes qui avaient pour idéal de revenir sans cesse à l'ancienne vie patriarcale.
1. Selon I Sam., viii, 1, ils auraient jugé tous les deux à Beerseba. Cela est bien peu probable. Je suppose que la vraie leçon était i•^î:?"^^*3 nyi pu, comme dans I Sara., m, 20, conformément à la fausse idée que tous les sofet eut Jugé surtout
Israël.
et qui trouvaient le plus souvent dans la royauté un obstacle à leurs utopies, voyaient une sorte de sacrilège en la transformation qui fit d'Israël un pays comme un autre. lahvé était le vrai roi du peuple, dans le système théocratique. Lui substituer un roi profane était une impiété, une ingratitude, une apostasie*. C'était une marque de défiance; c'était dire à lalivé qu'il ne suffisait pas à défendre son peuple, qu*un roi valait mieux. La théocratie revêlait ainsi l'apparence de la démocratie. Le roi, représentant d'une société laïque et profane, apparaissait comme une diminution de la société religieuse.
Tel ne fut sûrement pas le sentiment de Samuel. La satire qu'il est censé faire de la royauté vise le règne de Salomon, qu'il ne pouvait prévoir soixante ans d'avance. Mais, idéalement parlant, la page fine et naïve où se résume la politique de la théocratie Israélite ' a toute sa vérité. La dualité est déjà établie. Israël aspire à deux choses contradictoires ; il veut être comme tout le monde et être à part; il prétend mener de front une destinée