Sam., VIII
2. I Snm., ch. vm. L'auteur théocrate reprend au ch. \, il et suiv., — puis au ch. xii, i et suiv., — puis au ch. xii, S-14, — puis au ch. xv.
réelle supportable et un rêve idéal impossible. Le prophétisme et la royauté sont mis, dès Torigine, en opposition absolue. Un état laïque, obéissant à toutes les nécessités des états laïques, et une démocratie théocratique, minant perpétuellement les bases de l'ordre civil; voilà la lutte dont le développement remplit toute l'histoire d'Israël et lui donne un si haut cachet d'originalité. En choisissant pour théâtre de la lutte la conscience môme de Samuel, l'historien théocrate a fait comme Denys d'Halicarnasse, prêtant les raisonnements les plus profonds de la pohtique romaine à Romulus.
L'institution de la royauté en Israël fut un fait tout profane; il ne s'y mêla aucune idée religieuse. Bien que des récits fort anciens nous montrent Saiil en rapports avec les nabis, il ne tenait rien, à ce qu'il semble, des cohanim. La fiole d'huile que Samuel est censé verser sur sa tête* est une légende et, en tout cas, n'est pas inconciliable avec les données très sérieuses qui montrent la royauté d'Israël sortant d'une espèce de champ de mai. Les sacrifices qui se firent, dit-on, à Galgal étaient le festin obligé de toute solennité. Lenarrateurbiblique entend sans doute que ces sacrifices furent offerts à
1. 1 Sam., X, 1 et suiv., peu d'accord avec ce qui suit. Saûl eût été sacré avant qu'il fût question do sa royauté.
lahvé. Cela put être. Remarquons cependant que Saûl fut, comme Gédéon et Jephté, un adorateur intermittent de lahvé. Ses fils s'appellent Jonathan, Meribaal, Isbaal*, Milkisuas ce qui prouve qu'il flottait entre les mots de Baal, de Milik ou Moloch, de lahvé, pour désigner la divinité. L'impossibilité où il se trouva, durant tout son règne, de s'entendre avec les prophètes et les prêtres, prouve bien que l'origine de son pouvoir fut laïque, et c'est bien là le caractère que la royauté gardera en Israël jusqu'à ses derniers jours. « Le roi fut fait en Israël par l'as* semblée des chefs du peuple et l'accord de toutes les tribus ; » voilà une des rares généralités historiques qu'on lit dans les vieux textes hébreux, et la place singulière où se lit cette maxime' n'est pas une des moindres preuves de la haute signification constitulionnelle qu'on lui donnait.