‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 261 sur 280 · Sam,, xiii, l et suiv · texte numérisé non relu

Sam,, xiii, l et suiv

thas s'établirent solidement dans ces parages; Jonathas battit la petite garnison philistine de Géba. Ce succès partiel amena un retour offensif de toutes les forces des Philistins. Le pays fut entièrement occupé; le peuple fut obligé de se cacher dans les cavernes, dans les citernes, dans les endroits rocailleux et couverts de broussailles. Plusieurs passèrent le Jourdain et se réfugièrent en Gad et Galaad. Une puissante cavalerie et de nombreux chars de guerre couvrirent toute la région au nord de Jérusalem sur une largeur de plusieurs lieues.

Ce nombre même fit la faiblesse des envahisseurs. Ils avaient avec eux une grande suite de valets d'armée, dont la plupart étaient israélites, et qui, voyant la ferme attitude de Saûl et de Jonathas, firent cause commune avec leurs anciens compatriotes *. La bataille s'étendit entre Mikmas et Aïalon. La poursuite fut meurtrière pour l'ennemi. Il laissa derrière lui un butin considérable. Les Israélites, affamés, se jetèrent sur les bœufs et les veaux, les égorgèrent sur place et les mangèrent avec le sang. Cette circonstance consterna Saùl. Le fait de manger de la chair non saignée

1. 1 Saoï., XIV, 21. Lisez onsvi, avec les traducteurs grecs.

passait pour un crime '. Saiil se lit apporter une grosse pierre; sur cette pierre, chacun amena son bœuf ou son mouton et l'égorgea; puis on recommença le festin. Cela dura toute la nuit. La grosse pierre fut tenue pour un autel, c le premier que Saûl bâtit à lahvé ».

Le prêtre de Silo, Ahiah, arrière-petit-fils d'Éli, suivait l'armée avec son éphod. On le consultait dans tous les cas embarrassants. Un moment, réphod refusa de répondre. C'était l'indice d'une perturbation profonde, lahvé n'était plus en communication avec son peuple. On supposa un grand crime, cause de cette mauvaise humeur momentanée de lahvé. Le hérem^ c'est-à-dire l'anathème entraînant la mort, fut jeté sur celui que désignerait lahvé. On procéda, comme toujours, par dichotomie ; d'un côté l'armée tout entière, de l'autre Saùl et Jonathas. a Si la faute est à moi ou à Jonathas, dit Saûl, donne urim. Si la faute est au peuple, donne tummim. » Ce fut urim qui sortit. La question fut ensuite posée entre Saûl et son fils. Ce fut Jonathas qui tomba. Il se trouva que Jonathas avait encouru, sans le savoir, un cas de mort juré par son père. L'imagination israélite aimait ces légendes propres

i.ISara., XIV, 31 et suiv., texte ancien, pris probablement dos Guerres de lahvé.

à relever le caractère absolu du serment. On se rappelle^ Jephté. Mais, dans le cas de Jonathas, la conscience populaire prolesta. Jonathas fut sauvé.

Les récits héroïques se formèrent rapidement sur ces guerres, où l'aventure individuelle tenait encore le premier rang. Les Philistins passaient, pour posséder dans leur sein beaucoup de restes de l'antique race des Énakim ou Refaïm, presque tous de Gath. Comme les Israélites étaient de taille moyenne, ces géants les étonnaient et les effrayaient. Un type très ordinaire de la légende militaire fut de mettre aux prises un de ces géants avec un (jibbor Israélite, auquel restait naturellement la victoire. On connaît au moins quatre de ces récits*, dont le plus moderne et le plus développé est celui où le jeune David tue avec sa fronde le géant Goliath \ Mais ce nom légendaire avait déjà servi, puisque l'épée de Goliath est remise à David par les prêtres de Nob comme un trophée depuis longtemps consacré'. L'opposition des faibles engins de l'Israélite et des terribles armes de l'étranger faisait

\. II Sam., xxr, 15-22; xxni, 21. Au fragment xxi, 19, la victoire sur Goliath est attribuée à un autre Bcthléhémite quo David.

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