‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 9 sur 280 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

quelque sorte, les deux histoires maîtresses du monde. Or, si j'écrivais l'histoire des peuples grecs, cette histoire la plus merveilleuse de toutes, je ne me réfuserais pas à y signaler de fâcheuses parties. On peut admirer la Grèce sans se croire obligé d'admirer Cléon et les mauvaises pages des annales de la démagogie athénienne. »

L'œuvre d'Israël a été accomplie, comme toutes les œuvres humaines, au moyen de violences et de perfidies, à travers des oppositions, des passions, des crimes sans nombre. L'esprit juif a tiré sa force de ses traits les moins sympathiques, de son fanatisme, de ses tendances exclusives. Dire cela, c'est dire une banalité. La royauté française, l'unité catholique du moyen Age, le protestantisme, la Révolution, se sont faits par toute sorte de crimes et d'erreurs. Un grand homme est constitué par ses défauts autant que par ses qualités. Ces brusqueries, ces duretés, qui choquent à si bon droit mon ami M. Taine, dans Napoléon, étaient une partie de sa force. Bien élevé, poli, modeste comme nous, il n'eût pas réussi ; il eût été aussi impuissant que nous.

Cette histoire mécontentera également les esprits

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