I. — LES MŒUES
La transformation des Hébreux de nomades en sédentaires et la nécessité où ils furent souvent mis de s'unir pour se mieux défendre devaient exercer sur les mœurs sociales une heureuse influence. Le nomade est très particulariste ; sa tribu est pour lui la patrie ; les autres tribus, toujours l'étranger, et presque toujours l'ennemi. Ses biens: troupeau, tentes, famille, sont des plus mobiles ; s'il est attaqué et ne peut se défendre, il prend aisément la fuite avec tout ce qui lui appartient et va chercher un abri ou un autre séjour dans un coin de l'immensité du désert. Le sédentaire, lui, s'il est contraint de s'enfuir, n'emporte qu'une faible partie de son bien ; il abandonne sa maison, ses champs, ses arbres, ses vignes aux mains des ravisseurs. Attaché à la terre dont il vit et qui peut l'enrichir, il n'a pas l'humeur vagabonde, il a en horreur les hasards de la guerre, et, s'il « convoite la