‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 142 sur 168 · J e Lévite de Mikhâ · texte numérisé non relu

J e Lévite de Mikhâ

Nous apprenons par Juges, xvm, 30, que ce Lévite se nommait Jonathas, fils de Gersom, fils de Moïse (sur ce point, voir, ci-dessus, p. 124, n. 1); nous avons encore une généalogie à deux générations qui nous reporte donc aussi au début de la période des Juges.

Même conclusion à tirer de Juges, xvm, 1 a; au moment où ce Lévite va entrer en scène, les Danites ne possédaient encore leur territoire que d'une manière assez instable ; avec Samson, sans être fort tranquilles chez eux, ils v sont du moins solidement installés. Quant à ce qui est dit ibîd., I, 34, 35. de la pression que leur font subir les Amorrhéens et des villes que ceux-ci leur enlèvent on peut croire que ces deux faits ne sont pas sans avoir contribué à hâter l'émigration des 600 Danites, et, par conséquent, qu'ils la précédèrent ; de plus, le fait qu'il s'agit d' Amorrhéens, c'est-à-dire d'indigènes et non pas de Philistins, pourrait montrer que cette émigration fut antérieure à l'invasion de ces derniers ; ce serait un argument de plus en faveur de la date reculée proposée par la chronologie longue pour l'exode. Mais on a pu supposer aussi, quoique peut-être avec moins de vraisemblance, que les Amorrhéens n'auraient refoulé les Danites que parce qu'ils étaient euxmêmes chassés par les Philistins.

Enfin, l'antiquité de la migration des Danites et de la fondation de la ville septentrionale de Dan est aussi attestée par II Samuel, xx, 18 (texte grec), où Dan est mentionnée comme renommée pour sa connaissance des traditions et usages du passé le plus lointain d'Israël.

Juges, vin, 28, dit que, sous ce Juge, le pays fut en repos pendant 40 ans. On pourrait montrer que ce chiffre, que certains prétendent être purement arbitraire, correspondait à une réalité, naturellement avec l'approximation que suppose un tel chiffre. Quand Gédéon exécute les deux Madianites assassins de ses frères, son fils aîné, Yéther, est encore un jeune enfant qui ne se sent pas le courage de mettre lui-même à mort les deux chefs, ibid., vin, 20 ; de même dans vin, 22, les Israélites qui offrent le pouvoir à Gédéon semblent lui parler comme s'il n'avait encore qu'un seul fils. Par contre, à la fin de sa vie, Gédéon avait eu « soixante-dix » fils. La durée assez longue que réclame la fondation de cette nombreuse famille pourrait peut-être également appuyer, d'une manière indirecte tout au moins, ce que l'on a dit au chapitre vu de la quasi nécessité où l'on est de penser que les textes relatifs à ce Juge renferment les récits de deux campagnes distinctes : la vendetta se place naturellement au début de la carrière de Gédéon, l'autre campagne, qui suppose chez lui plus d'habileté et plus d'autorité, se placerait mieux dans le reste de sa longue carrière.

Page 1