‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 143 sur 168 · Héli et Samuel · texte numérisé non relu

Héli et Samuel

Un descendant d'Héli, Abyatar, fut le contemporain de David auquel il survécut, I Rois, 11, 26, 27. En le supposant un peu plus jeune que David qui, mort vers 973 à 70 ans, serait né en 1043, nous pouvons dater sa naissance

de 1030. Il était tils d'Ahimélék (I Samuel, xxii, 20 ; xxx, 7) qui est aussi appelé Ahya, fils d'Ahitoub (ibid., xiv, 3, 18), et Ahitoub était frère d'Ikâbôd (ibid., xiv, 3 ; xxii, 9, il). Entre la naissance d'Abyatar et celle d'Ahitoub, son grand-père, on peut compter environ 45 ans qui mènent à 1075 '' en ajoutant 5 ans qui sépareraient la naissance d'Ahitoub de celle de son frère puîné Ikâbôd on arrive à 1080 ; ce serait la date de la mort d'Héli qui mourut le jour de la naissance d' Ikâbôd. Cette date, en raison de la part de fantaisie qui doit se glisser dans ces évaluations trop précises de données vagues, représenterait à 15 ou 20 ans près la date de la fin de la judicature d'Héli ; celui-ci aurait commencé à être Juge en 1120 selon l'hébreu, en 1100 selon le grec de I Samuel, iv, 18.

Samuel, ayant remplacé Héli comme Juge et l'étant resté jusqu'à l'avènement de Saiil, que nous avons fixé vers 1040, sa judicature aurait duré une quarantaine d'années ; le texte de I Samuel, vu, 15, dit simplement « tous les jours de sa vie ».

6°. — Pour ce qui concerne les autes Juges et les autres faits, on n'a pas le moyen de contrôler les données bibliques.

Tl faut du moins reconnaître que, en ce qui regarde les grands événements, la série présentée par la Bible cadre bien avec ce que celle-ci nous apprend de la situation historique au cours de cette période.

Après leur écrasement et leur extermination partielle à propos de l'affaire du Lévite d'Éphraïm, les Benjaminites devaient être une proie facile pour les Moabites au temps d'Éhoudh et, au temps de Débora, n'être encore en mesure de fournir que quelques contingents enrôlés parmi ceux d'Éphraim, juges, v, 14.

Expulsés de la plaine côtière par les Amorrhéens au début de la période, les Danites, sous Débora, peuvent tout au plus servir comme mercenaires sur les navires étrangers au lieu d'être maîtres des ports, ibid., V, 17.

La Montagne d'Éphraïm étant la première à avoir été occupée et organisée, il est naturel que ce soit là qu'apparaisse pour la première fois un essai d'institution de la royauté, sinon avec Gédéon, du moins avec son fils Abimélék.

L'absence de toute mention des Philistins avant Samson, Héli et Samuel à la fin de la période des juges (sur Shamgar, voir, ci-dessus, chapitre vin) montre que les rédacteurs savaient fort bien que ces ennemis n'étaient devenus inquiétants puis dangereux qu'assez peu de temps avant l'institution déiinitive de la royauté ; cette mention tardive des Philistins concorde tout à fait bien avec la chronologie longue de la période des Juges, car, si l'on admet la chronologie courte, il faut placer toute cette période après l'invasion des Philistins et penser que ceux-ci restèrent inoffensifs et ne méritèrent aucune mention historique pendant l'époque où parurent Éhoudh, Débora, Gédéon et Jephté

Quant à ce qui concerne les Petits Juges, ce que l'on peut savoir de la composition du Livre des Juges pourrait amener à douter qu'ils se soient suivis sans intermittence. La liste qui nous les fait connaître présente une

structure tellement différente de celle du reste du Livre qu'il y a tout lieu de croire qu'elle a simplement réuni des noms et des dates qui se référaient à des héros moins connus ou moins intéressants que les autres ; peut-être devraient ils être répartis, si l'on pouvait suivre l'ordre historique, sur toute la durée de la période des Juges.

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