‹ Histoire du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 49 sur 168 · IL — EPHRAIM ET L'AUTEL DES BENÈ-RUBEN · texte numérisé non relu

IL — EPHRAIM ET L'AUTEL DES BENÈ-RUBEN

Les Éphraïmites qui viennent de se montrer les défenseurs impitoyables de la moralité d'Israël furent aussi, à cette époque lointaine, les protecteurs de son unité religieuse 1. La dislocation qui avait été la suite à peu près fatale de l'établissement des tribus dans un pays où, même au défaut d'autres causes, les conditions géographiques du sol morcelaient la nation, ne devait pas peu contribuer à mettre en danger l'unité des pratiques religieuses. Tant que les Hébreux avaient été des nomades migrateurs, cette unité s'imposait presque à eux : l'arche qui les suivait partout en était à la fois le symbole le plus éloquent et l'agent le plus actif ; les autels de fortune qu'on pouvait élever ici ou là étaient abandonnés dès que l'on se remettait en route ; Moïse et ses Lévites, qui dominaient le peuple et surveillaient sa piété, maintenaient, fût-ce au besoin par la force, le respect de l'uniformité cultuelle.

dans son ensemble, au récit primitif ; celui des jeunes filles de Yâbêsh, au remaniement sacerdotal. Autant celui-ci est tourmenté, tellement le rédacteur s'applique à montrer que toutes les lois, y compris celle du hérêm, sont respectées, autant l'autre est naturel, naïf et marqué du cachet de l'ancienneté. Nous trouvons ici un exemple de ces mariages entre tribus diverses qui devaient contribuer à donner plus d'homogénéité à la nation hébraïque.

I. ÉTHRAIM ET L'AUTEL « TÉMOIN » DE L'OuTRE-JOURDAIN. SOURCES '.

Josué, xxii, 9-34. Dans sa rédaction actuelle ce récit est d'origine sacerdotale et appartient au groupe littéraire P. Les faits qui s'en dégagent sont assez clairs et cadrent si bien avec ce que nous savons par ailleurs de l'attitude hautaine et impérieuse d'Éphraïm qu'il n'y a pas lieu de douter qu'ils appartiennent à l'histoire. Ils semblent devoir être placés dans la période des Juges car Josué n'y apparaît point ; et sans doute dans les premiers temps de cette période, car le prêtre qui y est mentionné est Pinhas, fils d'Éléazar, fils d'Aaron (Josué, xxii, 13), le même que celui du remaniement sacerdotal de l'histoire du Lévite d'Éphraïm [Juges, xx, 28). Sur ce point, voir la note sur la chronologie à la fin de ce volume.

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