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CHAPITRE XI

ï. — Disparition de la dynastie de Saul : — Survivance de ses partisans benjaminites, et de ses représentants ; — le droit de vendetta des Gabaonites oblige David à leur livrer les descendants de Saul ; — le seul survivant, Meribaal, est appelé à Jérusalem.

II. — La révolte d'Absalom : Tamar, sœur d'Absalom, et Amnon ; — Absalom fait assassiner Amnon, s'enfuit en Geshour, rentre à Jérusalem grâce à Joab, s 'ingénie à capter la faveur d'Israël; — les causes du mécontentement du peuple contre David ; — Absalom donne, à Hébron, le signal de la révolte ; David abandonne Jérusalem et se réfugie au Galaad ; — les rebelles dans la capitale ; — les conseils d'Ahitophel et de Houshay ; — 'David, soutenu par le Galaad, fait livrer la bataille ; — ■ mort d'Absalom ; — douleur de David et rudesse de Joab. — Le retour du roi ; — la réconciliation, les pardons et les querelles.

III. — La révolte de Shéba le Benjaminite : — Israël se soulève, mais mollement, contre David; — Amasâ, le chef des troupes judéennes, est assassiné par Joab, qui assiège Abêl, et fait tuer Shéba.

IV. — La rivalité d'Adonias et de Salomon : — Adonias, le plus âgé des fils de David, se prépare à lui succéder ; — Salomon fait de même ; — la fête du parti d'Adonias, provoque l'inquiétude du parti adverse; Nathan et Bethsabée se concertent, et obtiennent de David que Salomon soit sacré.

La fragilité de l'union d'Israël et de Juda, les rivalités des fils du roi sont dues, en partie, à la faiblesse de David.

Les menaces inspirées de Nathan devaient se réaliser, et d'affreux malheurs troubler les dernières années d'une vie jusqu'alors heureuse. Ignominieuses et sanglantes tragédies de famille, brisement d'un cœur de père aimant, surprise de voir l'attachement remplacé par la haine, angoisse de voir branler sur ses bases un édifice que l'on croyait solide, rien ne serait épargné

Sources du chapitre xi : II Samuel, ix, xni-xxi ; 1 Fois. ï.

à David des misères qui sont si souvent le lot des hautes destinées, le châtiment de la faiblesse ou la rançon du bonheur. Sa ■confiance aux promesses de Yahwè devait le rassurer sur l'avenir de son œuvre et le soutenir dans ses épreuves. Mais l'espoir le plus ferme ne supprime point toutes les appréhensions de l'attente. C'est épuisé et tout meurtri par les adversités que David arriverait au terme de sa magnifique carrière.

Avec le triomphe du yahwéisme, ce qui lui tenait le plus au cœur c'était la stabilité de son trône. Il la vit assurée avant de fermer les yeux pour toujours. Mais qu'il avait souffert quand elle avait paru menacée per la survivance d'un parti fidèle à la dynastie de Saùl, ébranlée par la révolte d'Absalom, compromise par le soulèvement de Shéba le Benjaminite, exposée à un dernier péril par la rivalité de ses fils Adonias et Salomon î Ces diverses crises nous sont bien connues. La Bible, si souvent parcimonieuse de détails sur les événements qu'elle mentionne, prodigue ici des développements abondants ; les faits se déroulent avec une sorte de fatalité cruelle ; les personnages agissent et parlent avec une netteté qui met en relief leur caractère et leurs mobiles ; et si rien ne dévoile le fond des âmes comme sait le faire le malheur, ces dernières pages de l'histoire de David nous aideront, mieux encore que toutes les autres, à connaître son âme tendre et généreuse, pieuse et fidèle, prompte à plier, vive à se redresser, et trop sensible aux morsures de la souffrance pour n'en pas éprouver très longtemps une obsédante douleur.

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