‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 105 sur 137 · DISPARITION DE LA DYNASTIE DE SAUL · texte numérisé non relu

DISPARITION DE LA DYNASTIE DE SAUL

ence de la diversité des destinées et de la nature qui caractérisaient ces deux régions, Rien ne le montre mieux que l'isolement où ils vécurent chacun de son côté pendant les siècles de la période des Juges. Aussi leur rapprochement plus ou moins spontané au temps de Saùl, un Israélite, comme leur union officielle sous David, un Judéen, pouvaient -elles bien être en quelque mesure contraires à leurs aspirations profondes. Juda avait secoué la domination israélite en faisant de David son roi pendant qu'Israël restait attaché à Ishbaal, fils de Saûl ; maintenant il était à craindre que le loyalisme des Israélites, devenus les sujets de David, ne résistât pas davantage aux sollicitations des tendances séparatistes.

Parmi ces Israélites, les Benjaminit.es surtout étaient inquiétants. Écartés du premier rang par l'effondrement de la dynastie de Sa^ul, leur compatriote, ils supportaient avec une sourde rancune la prépondérance des Judéens. Peut-être même n'avaientils pas encore dépouillé toute ambition de rendre la couronne à l'un des descendants de leur ancien roi. Il en existait encore quelques-uns. Des fils de Saùl, les deux seuls qui survécussent n'étaient, il est vrai, que les enfants d'une épouse de second rang, Rispâ, fille d'Ayyâ ; la qualité de leur mère pouvait les éloigner du trône 1. Mais il restait aussi les cinq fils que Mêrab, la fille aînée du roi, avait donnés à Adriel d'Abêl Mehôlâ 2 ; de plus, un petit nombre de partisans fidèles savaient qu'un fils de Jonathas, pauvre et presque inconnu, vivait à moitié caché dans l'Outre- Jourdain 3. La première dynastie n'était pas encore éteinte ; Benjamin saurait où trouver son prétendant si jamais luisait le jour de la restauration. Mais une vengeance sanglante

i. On a vu ci-dessus, en interprétant I Chroniques, m, g, qui ne compte pas les fils des femmes de second rang de David, que ces enfants devaient sans doute participer à la situation inférieure de leur mère. Pourtant les relations nouées avec Rispâ par Abner avaient pu donner à croire à Ishbaal qu'Abner visait non seulement la possession de cette femme de Saiil, mais aussi la couronne de ce dernier.

2. II Samuel, xxi, 8, où le texte porte par méprise Mîkhal au heu [de Mêrab ; il est facile de corriger cette erreur d'après I Samuel, xvm, 19. Conder (Quarterly Statement, 1899, p. 351) remarque que le signe assyrien qui signifie kal, signifie également rab. La confusion signalée ici proviendrait-elle d'un original écrit en cunéiformes?

3. I Samuel, ix, 1-4, montre que David et son entourage sont obligés de recourir à un serviteur de la famille de Saiil pour arriver à connaître l'existence de ce fils de Jonathas ; celui-ci devait vivre dans un état voisin du dénuement, car David lui rendra tous les biens qui avaient appartenu à Saiil et à sa famille, et qui avaient dû passer à David, en sa qualité de gendre et de dernier parent connu de ce roi.

SaQl et David. 18

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ruina soudain presque tout cet espoir en frappant, à l'exception d'un seul, tous les descendants de Saûl. 1

Saûl avait fait périr par mesure politique et en dépit des garanties officielles dont elle jouissait depuis la conquête de Josué, une portion assez notable de la population amorrhéenne de Gabaon 2. Or une disette de trois années consécutives ayant sévi sur le royaume, David interrogea Yahwè, et apprit de lui que c'était là le châtiment de ces exécutions : il devait les expier s'il voulait voir cesser le terrible fléau 3. Il engagea des pourparlers avec les Gabaonites, leur demandant quelles étaient leurs exigences, leur proposant une compensation expiatoire pour qu'ils consentissent à appeler les bénédictions divines sur k peuple, qui portait le poids de la malédiction proférée par eux contre son premier roi. Les Gabaonites se montrèrent intraitables. Ils repoussèrent toute espèce de compensation en or et en argent, et, réclamant du sang pour le sang, exigèrent la mise à mort de sept descendants de Saûl 4. C'était le nombre de ceux que tovs

i. Dans la Bible l'ordre des faits que nous avons à raconter ici est îe suivant : i° convocation de Meribaal à Jérusalem, II Samuel, ix, 1-13 ; — 20 révoltes d'Afosalom et de Shéba, ibid,. xm-xx ; — 30 exécution des Saiilides ibid., xxi, 1-14. Mais il n'est pas douteux que l'ordre chronologique est différent et qu'il faut placer en premier lieu ce troisième fait, qui n'est raconté qu'en appendice à la fin de Samuel. En effet, lors de la révolte d'Absalom, Meribaal vit à Jérusalem, et lorsqu'il y avait été convoqué par David, tous ses parents avaient déjà été exécutés,, comme on le voit par II Samuel, xi, 1-4.

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