Voir La Période des Jtiges, p. 144, et p. 72, n
Saul et David' 5
regard d'un roi amalécite, du nom d'Agag *, qui s'était rendu coupable de meurtres nombreux, et avait été pris les armes à la main. En lui accordant la vie sauve, en réservant, même pour les offrir en sacrifice à Yahwè et pour en faire bénéficier ses combattants, les meilleures des bêtes enlevées à l'ennemi, Saiil avait agi à l'encontre des prescriptions impitoyables du hêrém2,c{m lui avait été prescrit, et, une fois de plus, avait irrité les prophètes qui gardèrent longtemps un respect rigoureux pour cette clause religieuse de la guerre sacrée. Quand il apprit cette nouvelle faute du roi, Samuel entra dans une ardente colère, et passa la nuit à pousser des cris vers Yahwè. Ainsi, ce roi, qui devait protéger le peuple, allait, par son manquement, attirer sur lui un châtiment divin ; cet oint, dont la consécration devait faire un modèle, montrait tout à coup de nouveau qu'il n'attachait une rigueur au-dessus de toute discussion ni aux injonctions du jrahwéisme traditionnel, ni aux ordres d'un prophète inspiré. Chargé de la sentence définitive de Yahwè, Samuel se mit en route de bon matin pour aller la notifier au roi déchu.
Après son glorieux succès, Saiil avait dressé, sur le chemin du retour, une stèle triomphale à Carmel de Juda 3, puis avait gagné Galgala, pour y offrir le sacrifice accoutumé d'action de grâces et convier ses hommes au festin sacré. Il commençait la cérémonie lorsque Samuel survint. Mais pendant qu'il le saluait et qu'il lui annonçait avec joie l'heureux accomplisse-
i. Le nom de ce roi d'Amaleq se trouve déjà dans une des prophéties de Balaam, Nombres, xxiv, 7. Il est vrai que les Septante, Aquila, Syrnmaque et Théodotion lisent « Gôg » et le samaritain « Môg », au lieu de Agag. Mais cette correction, même si on l'admet, n'explique guère mieux que le texte reçu la mention d'un individu dans un contexte assez général. D'autre part, l'allusion au roi et au royaume d'Israël au verset 7, alors que 8 parle de la sortie d'Egypte, donne au moins à supposer que le texte n'est pas en ordre. Il y a là une difficulté qu'on résoudrait précipitamment en parlant d'anachronisme.