‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 33 sur 137 · GUERRES POUR LA SÉCURITÉ ET LUNION D'ISRAËL · texte numérisé non relu

GUERRES POUR LA SÉCURITÉ ET LUNION D'ISRAËL

Dans ce raid audacieux et rapide, il avait pris soin d'épargner les douars qênites qui circulaient sur le territoire d'Amaleq, comme ils circulaient jadis dans la plaine de Yizreèl, et qui entretenaient des rapports amicaux avec les Hébreux l. Pareille mansuétude était naturelle. On comprit moins, dans le milieu où régnait le yahwéisme intègre, celle dont Saul fit preuve à

xxv, 18; I Samuel, xv, 7. Cette situation lointaine de Shour explique que, à part le passage d'Exode, xv, 22, Shour n'apparaît que comme une limite géographique, servant à l'orientation ; voir, en plus des deux textes rites, Genèse, xvi, 7 ; xx, 1 ; I Samuel, xxvn, 8. Il y a tout lieu de supposer que la route qui relie Bersabée à l'Egypte en passant par Cadès représente a la route de Shour » de Genèse, xvi, 7 ou « la direction de Shour » de I Samuel, xv, 7 ; xxvn, 8. Il n'y a pas de nom moderne connu qui puisse rappeler le Shour hébreu. Celui -ci pourrait d'après W. Max Mubller Asien und Europa, p. 102), représenter le nom égyptien Ta-ru (Tor) de la ville située à la frontière nord-est de l'Egypte, près de la pointe orientale du Delta. Cette ville de Zarou, indiquée à mainte reprise comme base des opérations égyptiennes contre la Syrie, et mentionnée sous le nom de Sile dans l'Itinéraire d'Antonin, du 11* siècle de notre ère, est placée à Tell Abou Sêfeh, à l'est de Kantara ; ci. A Mallon, Les Hébreux en Egypte, pp. 98, 105, 166, it>8, 194, et carte p. 91. Cette hypothèse n'est pas sans valeur, car le nom de Shour est composé parfois avec l'expression "|N13P jusque là « où l'on parvient à », laquelle ne se trouve guère employée qu'avec des noms de villes, et, d'autre part, cette ville était si importante qu'on pourrait admettre à la rigueur qu'elle eût donné son nom à une région désertique qui s'étendait jusqu'à cent kilomètres d'elle. Pourtant beaucoup de topographes préfèrent voir dans Shour le nom hébreu soit d'un « mur » égyptien élevé à la frontière pour arrêter les incursions venues de la presqu'île du Sinaï, soit de la chaîne de collines Djebel er-Râhah, que les Arabes appelleraient aussi Djebel es-Sûr, et qui s'étend à l'est du golfe de Suez. Il faut observer toutefois que le mot shûr est plutôt araméen qu'hébreu, qu'il n'est employé que dans des passages poétiques (Genèse, xlix, 22, II Samuel, 30 et le psaume correspondant), enfin quil aurait sans doute l'article, qui est presque de règle dans ce cas d'appellation topographique. A côté de ces deux opinions qui placent Shour assez près de l'Egypte, mentionnons-en deux autres qui la situent moins loin. Hommel (Die Altisraelitische Ueberlieferung, pp. 237-252) considère Shour comme une abréviation de Ashshour, une tribu arabe (Genèse, xxv, 3), qu'il établit dans l'extrême sud palestinien, entre le ouâdy el-'Arîsh et Gaza ou Bersabée ; par le moyen d'une contraction singulière, il en retrouve le nom dans les Geshouri (Gê-Shûr, où Gê a ravin » est plus qu'étrange dans un gentilice), que l'hébreu de I Samuel, xxvn, 8, place approximativement dans cette région méridionale. De même Musil (Ardbia Petraea, t. II, Edom, 2, p. 48) place Shour à l'est de er-Rhejbe, à environ vingt-cinq kilomètres au sud-ouest de Bersabée. En somme la question de Shour demeure obscure ; mais les données bibliques semblent plutôt favorables à une situation de Shour assez voisine de l'Egypte.

Hawîlâ, le point opposé à Shour, se trouvait du côté de l'est par rapport à lui- On n'est pas plus éclairé sur la localisation de ce pays, et cela parce que le nom de Hawîlâ paraît avoir été assez répandu ou très ample. L'opinion de Glaser, qui entend, par ce nom, le centre et le nord-est de l'Arabie, concilierait tout, pourvu qu'on pût l'étendre assez pour englober même l'ouest, car, au dire de Genèse, xxv, 18, les tribus ismaélites, « demeuraient depuis Hawîlâ iusqu'à Shour ». Une localisation plus précise serait fournie par le nom des XauXotoiOi, qu'Eratosthène signale dans le nord de l'Arabie (Strabon, xvi, 4, 2). Mais il faut avouer que cette localisation est encore bien lointaine pour la campagne de Saul.

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