AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR IX
même été ignorés d'eux, n'en existaient pas moins. Les faits historiques, que leur importance soit considérable ou secondaire, sont toujours fort complexes. A la réserve du fait miraculeux, qui ne surgit qu'exceptionnellement, et dont Dieu est le seul auteur, tous les autres faits, qui sont la presque totalité, se produisent par collaboration et dans le conflit des circonstances, des hommes et de Dieu. Or, des multiples causes qui entrent en jeu à un moment donné, la majorité des historiens inspirés n'en signalent le plus souvent qu'une, et c'est naturellement Dieu. Cette préférence presque exclusive ne se remarque pas seulement chez les rédacteurs sacrés, qui, écrivant longtemps, voire plusieurs siècles, après les événements, ne s'intéressaient à ceux-ci que dans la mesure où ils pouvaient y trouver, pour la satisfaction de leur foi, et y montrer, pour l'édification de leurs lecteurs, l'intervention providentielle. Elle apparaît aussi chez certains auteurs, en particulier chez les prophètes, qui, bien que contemporains des événements et y ayant parfois tenu un rôle important, n'y remarquaient que l'action du Maître divin de l'histoire et des hommes. Cette disposition amène les uns et les autres à passer sous silence, ou à laisser du moins dans l'ombre d'où il faut les tirer pour avoir une vue complète des faits, tout ce qui relève de la pression des circonstances et de l'activité humaine. »
C'est dans cet esprit que l'auteur présente les périodes les plus intéressantes de « l'Histoire du peuple hébreu ». Sous les Juges dans l'ordre social, Israël modifie son organisation et son genre de vie : de nomade et de pasteur, il devient sédentaire et agriculteur. Dans l'ordre politique, il se débarrasse