‹ Histoire du peuple hébreuChapitre 8 sur 137 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. — Rapports de la Syrie avec l'Egypte et l'Assyrie: — Fin de la dynastie des Ramsès ; — la XXIe dynastie ; ■ — retour momentané des Assyriens en Syrie avec Téglath-phalasar Ier. — Influence de l'Egypte par sa civilisation, — ses arts, — sa religion.

II. — Les Philistins, restés marins, détruisent Sidon ; — leurs alliés Zakkalas à Dôr. — Les Phéniciens à Tyr, — à Sidon, — à Byblos j leurs colonisations sur le pourtour de la Méditerranée et en Espagne. — Les Hittites. — Les Araméens poursuivent leur migration vers la Syrie, — et fondent des principautés. — L'absence de l'Assyrie et de l'Egypte permet le développement des États syriens.

III. — Un voyage sur la côte Syrienne vers iioo avant J.-C. — Récit de l'Égyptien Wenamon ; — il part du Delta, — passe à Dôr et à Tyr, — s'arrête à Byblos pour acheter des bois ; — ses démêlés avec le roi de Byblos, — avec les Zakkalas ; — son arrivée à Chypre.

Durant le cours de la période des Juges, les tribus d'Israël considérèrent presque toujours avec inquiétude, et parfois même avec terreur, l'horizon qui s'étendait par delà leurs frontières. De tous les côtés, elles y apercevaient des ennemis prêts à fondre sur elles à la faveur de leur isolement et de leurs discordes. Sans doute leurs Juges, suscités par Yahwè à l'heure opportune les arrachèrent tour à tour aux dangers les plus pressants. Mais trop de guerres, eussent-elles été victorieuses, laissaient dans les âmes l'impression déprimante qu'il fallait se tenir constamment sur ses gardes et sur la défensive. Si l'on se sentait enfin chez soi, on n'avait pas encore conquis cette sécurité réconfortante qui permet de jouir d'une liberté paisible et d'ouvrir

son âme à de vastes espoirs ; on vivait resserré dans son étroit domaine, assez heureux déjà de le pouvoir garder.

A peine la royauté est-elle établie qu'une détente subite libère les Hébreux de leur résignation craintive. Les peuples voisins ne se montrent ni moins menaçants ni moins agressifs. Mais Israël, uni par ses premiers rois, ose regarder ses adversaires en face, et, conduit par des chefs de tout premier ordre, au lieu d'attendre chez lui l'attaque de ses ennemis, va les forcer et les vaincre chez eux. Puis, cette besogne faite, il tend, non sans fierté, une main amie à des peuples plus lointains, depuis longtemps fameux, et profite de leur assistance pour réparer le retard de sa civilisation. Les résultats de cet énergique effort sont merveilleux. En cinquante ans, d'opprimé, d'inorganique et d'attardé qu'il était encore au temps des Juges, Israël devient, avec David et Salomon, la nation la plus forte, la mieux ordonnée et la plus brillante de la Syrie méridionale. Sa royauté ne faisait que débuter ; mais elle paraissait à une heure si providentiellement choisie que, d'un magnifique essor, elle atteignit aussitôt son apogée ; le siècle qui l'avait vu naître restera le plus beau de toute l'histoire du peuple hébreu.

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