INFLUENCE ROHA.INE
le chef du mouvement, Julius Alpinus (1) ; il paya ainsi pour ses concitoyens que Téloquence insinuante de renvoyé helvéti(iue Cossus sauva de tout autre châtiment. A part ces incidents, les peuples vaincus de la Suisse paraissent avoir joui d'une paix véritable. Les Romains tenaient plus à la sécurité militaire vers le nord ({u'aux satisfactions de la souveraineté. Ils construisirent sur la li^e du Rhin une suite de forteresses (Arbon, Stein, Zurzach, Bâle et autres). Leur principale place d'armes était Windisch (Vindonissa) qui, par sa position au confluent de TAar et de la Reuss formait une efficace déiense naturelle et protégeait parfaitement les communications. Dans la Suisçe occidentale se réunissaient deux routes principales : celle de la Gaule par Bâle et celle d'Italie par le Saint-Bernard» Aventicum et Soleure. A travers la Suisse orientale, une route militaire passait par Oberwinterthur (Vitudurum), Pfin, Arbon, Bregenz, et pas loin, vers ritalie, elle rejoignait une route secondaire qui suivait les lacs de Zurich et de Wallen. Dans presque toutes les garnisons et les forteresses, il y avait des troupes étrangères. Cette oi^anisation militaire subit bientôt des changements : lors de la réunion à Tempire de la rive droite du Rhin, sous l'empereur Domitien ou Trajan, en Tan 100 après Jésus-Christ, les légions des frontières furent avancées; le pays helvétique en fut délivré pendant 150 ans et fut par là même préservé de toute entreprise belliqueuse, ce qui favorisa beaucoup les progrès de la civilisation romaine.
§ 4.lNFLnsNCE ROMAINE.— Pour Satisfaire aux exigences militaires, on formait des ateliers, des hôtelleries, des 1m>u]^s. Les vétérans (soldats licenciés) se construisaient
(1) L'histoire de sa fille présumée, Julia Alpinula, est une pur» iiiT«ntion.
des villas (maisons de campagne) d'après le style romain, avec de brillantes mosaïques, des fresques, des établissements de bains. La misérable condition des Celtes fit place à la civilisation romaine. Des routes furent tracées à travers les Alpes (Julier, Septimer, Sain1>-Bemard, Simplon), même à travers la sauvage contrée marécageuse de la vallée du Rhin et du lac de Constance, partout enfin où il était possible, avec une résolution énergique, de se frayer un passage. Le commerce s'étendit rapidement; les marchandises du nord de la France et de l'Allemagne se transportaient en Italie en prenant le chemin de la Suisse; on exportait aussi des produits de la campagne fort estimés des Romains (le fromage, la cire, le miel, le bois de sapin, la résine, etc., etc.)- On recevait en échange les produits du Sud (de l'huile, des huîtres, des vins) ; ceux qu'on récoltait près du lac de Genève étaient déjà renommés. Avec la civilisation romaine s'introduisit aussi la pompeuse religion de l'État qui fit disparaître presque entièrement les grossières pratiques du culte celtique. Les mœurs elles-mêmes subissaient la salutaire influence de celles des vainqueurs : les AUobroges échangeaient l'épée contre la charrue, les sauvages Rhètes s'adoucissaient et guidaient paisiblement à travers les montagnes le voyageur qu'ils avaient pillé autrefois, ou bien ils s'adonnaient à l'agriculture. Dans iés grandes villes comme Aventicum et Augusta, les Celtes apprenaient de leurs maîtres romains les arts et les métiers.
Ainsi commençait un nouveau développement dont le caractère le plus important fut que la civilisation romaine s'enracina plus profondément dans la Suisse occidentale que dans la Suisse orientale. Rapprochée de la Gaule méridionale transformée par la conquête, elle