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INTRODUCTION DU CHRISTIANISME

voyait fleurir dans son sein des colonies romaines telles que Aventicum (Avenches), Bâle, Augusta, Nyon. Elle en adoptait les mœurs, elle en cultivait les arts. Aventicum avait un amphithéâtre, un théâtre, un arc de triomphe, une école publique d'athlètes, des corps de métiers, même une académie avec des professeurs romains. Les colonnes et les chapiteaux magnifiques qu'on y a retrouvés, attestent la perfection de la sculpture. La langue et les coutumes celtiques que les colons n'avaient pu faire disparaître de la Suisse orientale, furent remplacées dans la Suisse occidentale par celles des Romains dont rinfluence résista aux secousses des invasions des peuples barbares, et se manifeste encore aujourd'hui sous d'autres formes; tandis qne dans la Suisse orientale, où la civilisation romaine s'était peu répandue, elle s'écroula sous les coups des conquérants allemands comme un édifice à peine ébauché.

§ 5. Destruction de la puissance romaine. Introduction DU christianisme.— Cependant l'âge d'or de la civilisation romaine ne dura pas en Suisse plus d'un siècle et demi. L'empire commença à chanceler dès le m® siècle, accablé par les attaques désastreuses des Germains. Lors de l'effondrement général, sous Gallienus en 260, les AUemannes, tribu germanique, envahirent la Suisse et incendièrent la b«lle ville d'Aventicum, qui fut presque entièrement réduite en cendres. Les Romains furent forcés d'abandonner la frontière du Danube et de se retirer derrière le Rhin; les vieux châteaux forts construits sur la ligne du Rhin, depuis Bâle jusqu'à Arbon, devinrent de nouveau les points d'appui de la guerre défensive , plusieurs fois détruits, puis de nouveau rebâtis et fortifiés (Oberwinterthur et Stein sous Dioclétien et Maximien). Plusieurs empereurs (Constance Chlore,

Julien, Yalentinien I»% Gratien, remportèrent des succès passagers dans la Suisse septentrionale; les édiûces publics, les ponts et les routes furent restaurés; à la courbure du Rhin s'éleva Bâle, la ville royale. Mais aucun empereur ne put protéger Tempire contre le ûot sans cesse renaissant des hardies tribus des AUemannes. Déjà elles s'étaient établies en Alsace et près du lac de Constance et commencèrent à lutter pour la possession de la Suisse. Les habitants s'enfuirent avec leurs trésors ou les cachèrent pour les retrouver dans des jours meil» leurs; ils émigrèrent vers le sud; Tempire divisé et affaibli marchait à sa ruine.

Toutefois la décadence romaine amena quelques salutaires résultats. Déjà depuis le ii^ siècle le christianisme faisait de rapides progrès. Au milieu du cataclysme général, il devint Tancre de respérance, que desmilliers d'hommes saisirent avec joie. A travers les nombreuses voies de communication que les Romains avaient créées, il vint de la Gaule en Italie et en Suisse (200 à 300 ans après J.-G.)t à Genève, dans le Valais et la Rhétie; dans le Valais, on a retrouvé une inscription chrétienne datée de Tan 377. De là le christianisme s'introduisit dans l'in* térieur du pays ; il était surtout propagé par les soldats des légions, qui l'importèrent probablement aussi à Zurich. Bientôt il y eut des évèchés dans les grandes villes, Genève, Aventicum, Windisch, Goire, etc., etc. Mais la nouvelle religion eut à supporter des luttes et des persécutions ; elle rencontra des obstacles que lui suscitaient l'attachement aux anciennes croyances et la puissance de la religion d'État. Les empereurs romains imposaient aux gouverneurs le devoir d'arrêter les progrès du christianisme, et de cruelles persécutions commencèrent dès le m® siècle. La plus terrible, celle de 303-

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a. Léo» Èilm/aumemi,. IfiK. BanngniflitonBL eAf. r«r Hliéto^-nbinMi»i

g 6. Immigration et établissement des tbibgs. asa«- MANiQUBS. — Au commencement du v® siècle, la. lutte, opiniâtre entre les Romains et les Germains.se termina, par le complet succès de ceux-ci.

Pour sauver le cœur, môme de Vempire attaqué, datons cfi'tés, les garnisons du Rliin.se transportèrent, en. Italie,. aBandbnnnant les bords du g^and fleuve. Dans le cour rant général qui, en Tan 400, entraîna les peuplades, germaniques vers le sud-est, les AUemannes passèrent le

(1) Gelpke, Histoire ecclésiastique de la. Suisse;,. t, I,. ia5&«.— ^â»ttrire'dér liffendh chrétiennes de la Suisse^ 1871. — Hunziker, Règptm: erpnnéastion d&i QimiéHem, IfidSi.

Rhin et firent disparaître les derniers vestiges de la civilisation romaine. Vers le milieu du siècle, ils s'avancèrent jusqu'aux Alpes Rhé tiques (Grisons), et bientôt après ils mirent fin à la domination romaine dans la Suisse orientale. Comme autrefois les Helvétiens, les Allemannes possédaient en outre TAlsaceet le pays entre le Rhin et le Mein. La puissance et la langue des Romains continuèrent à subsister dans le sud-ouest de la Suisse et dans la Rhétie, protégées dans l'une par les montagnes et défendues dans l'autre par de profondes racines. Mais la langue ne s'y conserva pas sans mélange. Dans la Rhétie, elle se confondit avec la celtique, et dans le sud-ouest les Burgundes ou Bourguignons y introduisirent un élément germanique. Aprèsavoiren vain cherché une nouvelle patrie près du Rhin (Worms), où leur empire fut détruit par les Romains et les Huns, ils avaient suivi les Allemannes et s'étaient dirigés vers le sud où les Romains leur assignèrent la Sabaudia, c'està-dire la Savoie jusqu'au lac de Genève, le Valais et le pays de Vaud méridionaux, ils étendirent considérablement leurs domaines (Provence, Besançon, Langres) ; leur frontière orientale parait avoir été la France. Leur empire était puissant sous leur roi Gondebaud qui, en Tan 500, usurpa les États de son frère et devint seul maître du royaume, qu'il gouverna par de sages lois.

Les Allemannes et les Burgundes s'établirent dans des conditions bien différentes. Les Allemannes, dans une lutte acharnée de près de deux cents ans, avaient puisé une haine profonde contre les Romains. Lors de leur conquête, la population romaine était peu nombreuse et la civilisation était en décadence ; les barbares étaient donc libres de toute influence du pays qu'ils occupaient, et ils pouvaient s'organiser à leur idée. L'épée à la main,

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