CHAPITRE II
imiTÉ DE LA CONSTITUTION SOUS LA DOMINATION CARLOVINGIENNE ET ALLEMANDE
1. Intradoction de l'administration francD-carLoTingionna. § 9. DOMINATION CAltLOVINGIENNE. — DepulS Pépin fl,
ies maires du palais et les datss carlovingiens s'efforçaient de raffermir le royaume franc. Les révoltes des All»mannès et des Bourguignons furent réprimées. Après la mort de GodeFroy, en 710, les AUemannes furent soumis et Charles Martel empêcha ses fils de rétablir Tindéipendance de la nation, en leur enlevant la dignité ducale en 730, et en les assujettissant ainsi au gouvernement franc (746). Il en fut de même de la Boui^ogne, que Pépin II et Charles Martel s'étaient déjà attachée. La Rhétie de Coire perdit aussi ses privilèges. Charlemagne supprima le pouvoir de chef dans la famille des Victorides, qui déjà ne possédait plus la dignité d'évê(iue, et il introduisit en Rhétie la constitution et l'administration franques, après la mort de son fidèle ami et partisan l'évèque Remedius.
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Ainsi les trois tribus de la Suisse étaient réunies, et Tunité de leur organisation produisit aussi une existence commune. Totit le pays resta cependant divisé en comtés d'après d'anciennes institutions locales. Les plus importants comtés étaient ceux de Thui^oyie (comprenant la Suisse duNord-Ëst), d*Argovie, de Bàle, du pays de Yaud, du Valais et deCoire. Les comtes étaient des gou* vemeurs royaux qui exerçaient la justice et convoquaient le ban au nom du roi. Ainsi s'établit le système féodal. Les évoques et les comtes réunissaient autour d'eux un cortège de fidèles, auxquels ils octroyaient des terres et des privilèges, et ceux-ci avaient de même au-dessous d'eux leurs serviteurs et leurs vassaux (1). Mais à partir de Gbarlemagne leur puissance fut singulièrement con* tre*balancée par celle de TÉglise, qui bientôt devint dominante. Elle s'enrichit peu à peu par des donations et des constitutions de fiefs ; Charles lui attribua la dlme des recettes. Il protégea particulièrement les évèques; ceux de Cioire et de Bâle étaient ses amis ; avec son aide, celui de Ck>nstance fit valoir son crédit au préjudice du ouvent de SaintrGall qui, déjà sous Pépin, avait eu à ouffidr des prétentions de Tépiscopat. SaintGall, comme marque de sa dépendance, eut à payer à Constance une contribution annuelle. Charles encouragea aussi les ecclésiastiques dans leur coutume de vivre en commun (cha« noines) ; il régla l'administration du couvent de Zurich, et depuis ce temps celuiH^i honora l'empereur comme son législateur. De même la tradition de Zurich le célèbre comme le fondateur du collège (Garolinum), et rend hommage à son génie universel ; la légende rappelle le serpent qui implora son secours contre un crapaud, et aujourd'hui encore, on volt à la cathédrale l'image de
(1) La féedalité, toir VHistotre générale^ page 166.