Population celtique
§ 1. Habitations sur pilotis. — Aucun renseignement ni même aucune tradition ne nous fait connaître répoque à laquelle la Suisse a été peuplée. Mais des monuments et des débris de Tantiquité la plus reculée nous prouvent que ce pays était habité à Tépoque où la race humaine commence à paraître en Europe. Gomme en France et en Belgique, on a retrouvé dans diverses parties de notre contrée (à Genève, Villeneuve, etc., etc.) des outils en pierre à feu, enfouis dans des cavernes, ainsi que des fossiles d'animaux gigantesques dont les races sont éteintes (mammouths, ours, rennes, rhinocéros, etc.)* La nature et le climat n'étaient pas alors tels qu'ils sont aujourd'hui; le climat était rude, la nature inhospitalière comme dans le Nord. L'homme vivait, à l'état sauvage, des produits de sa chasse. Au lieu de chaumières, il habitait des cavernes. Les huttes sur pilo-
tis nous font connaître une époque beaucoup moins reculée où Fagriculture était la principale occupation des habitants, et où nous voyons quelques traces de civilisation. Dans presque tous les lacs de la Suisse, on a retrouvé de très-anciens établissements, bâtis sur pilotis, dont les débris, examinés par d'éminents savants (D^ Ferd. Keller,F. Troyon), nous fournissent d'étonnants éclaircissements sur la dernière période des temps préhistoriques. Les hommes avaient des demeures fixes : c'étaient des chaumières de terre glaise entremêlée de paille tressée, alignées en rangs réguliers et assises sur des pieux enfoncés profondément dans le sol du lac et léunis par des planches.
On ne sait si ces curieux emplacements étaient choisis à cause de la pêche ou bien pour se garantir des bêtes féroces ou des tribus sauvages, mais on peut se faire une idée de la manière de vivre des habitants en examinant les ustensiles et les débris d'animaux et de végétaux q[u'on a retrouvés à la place de leurs demeures, souvent profondément enfoncés sous des couches de tourbe ou bien au fond des lacs. Ils avaient déjà fait les premiers pas vers la civilisation ; ils n'en, étaient plus à la primitive G<mdition de chasseurs ou de pécheurs, mais ils cultivaient la terre, ils élevaient des bœufs, des moutons, des chèvres et des porcs ; ils récoltaient du froment, [de Toi^e, du chanvre, du lin et plantaient des arbres fruitiers. Ils se servaient d'outils fabriqués avec art, ea pierre, en os, en bois ou en corne, tels que des couteaux, des haches, des ciseaux, des alênes, des aiguilles. Quand ils connurent le fer et le bronze, ils employèrent oes matières plus flexibles et plus durables, pour confection* B6r leurs instruments. On reconnaît par les pilotis des lacs de Neufchàtel et dé Bienne, que le progrès 3'est
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.âiEft(Uué.d'abord*daii£ia^fiuiH6 ooddent^^ des
iHQiitrées Anoâéttfi .«par le tfihânfi, où ki Moivilûatimi âtait ' .phiB avancée. Là jfjaoHat ifatudguâs Jde bonne JieuiB ate *liflBHB>deilin puonr^lee yâtamente, .aioâi «que des ubIoq- .^ilfiB 'd'Aide, ipevfectiannâB lavec le «temps. Lee (ol^jâls td!0mement«j8t de fpaEttsetpron\œnt que des mieuiB se loffîjiaieiitigradnellBment. J^e uhangement le plus impostont 'indiquant ce progrès «ei^ la diminution des /habitations dacufities et raugmentation (des demaures sur ia texie iesme.
•La plqpari; des ipilotis «ont ^été déimits par le /£bu.; «beaufioupiureut obandmméficmâme avant la tdéGOUVjeiite «doBimétBux (surdeJlac deOonstanneet oelui de Genèm] ; idfautres se conservèrent jusqu-au Xemi» des Romains .comme une ^vieille' coutume.
§ 2. Tribus ijCBLTiQiJBfi. Hblyèteb lOu IHESivérusKE. — .Le nom :et Torigine jde la population sont aussi pou
connus que le temps des ipilotis. Elle parait appartenir jà iaimcejindo-européenne; etcomme les vestiges duitemps .des j)ilotis ont la plus .grande :analogie:ayéc« ceux qu-ouia tKelrouvés plus tard sur Jb terre fomffî, daiHs les Inmlres ^t lesÊDuilles des<ûleltes (âaulois), onten conclut que jses «établissements, plusianciens, appartiennent aussi à édite motion. 'Les>£ieltes, «avants d^âtreorepoussés par le&Romains .étales itribuB'^germaniqueB, babitaientprosquettout rOuiœt •et le eeniie de jl'Europe, et ixmr conséquent aussi da ^SuISBe; mais inouBin^ttVJDnsifionnaiBBance des Celtes :de Ha «Suisse qulà partir du na^ .-sièdÈd ronnont Jésus-^Chriat. tUne
multitude de 'peiiillades di;vre]»es oconi>aient abus Œe qp»3iES Hû 'Varié 'd'Aspects : !1jbb AHobroges (canton ode t.Qenè\{et), «les -Séquonfis ; {àl^euMiàtelet .oullac jde iBienisè)
Ifis ilauraqn^ (à Bàle), les tRhètes «nu fltbétiens odans Jes
A\p.es du Sud-Est jusqu'aux lacs. de Zug, de Zuricb et
de Constance; les plus importantes de ces peuplades sont les Helvétiens ou Helvètes qui occupaient, outre la Suisse centrale, rAUemagne méridionale jusqu'au Mein, et qui avaient la prépondérance sur toutes les autres tribus. Ils se divisaient en districts presque indépendants (tels que les Tigurins, les Verbigènes, etc., etc.). Les assemblées de district réglaient les affaires générales. Ils possédaient des éléments d'une culture supérieure (des monnaies en or, récriture alphabétique grecque), et leur vainqueur. César, les a appelés le peuple le plus brave de la Gaule. Au commencement de la grande émigration des peuples germaniques (lors de Tinvasion des Cimbres et des Teutons), ils suivirent le courant général vers le beauMidi, et, sous la conduite de leur jeune chef Divicon, ils défirent complètement les Romains près d'Agen sur la Garonne (1), 107 ans avant Jésus-Christ, et les forcèrent de passer sous le joug. Mais ils furent obligés de retourner dans leur pays.
Les Celtes ne conservèrent pas longtemps leur indépendance; leur liberté était menacée par les brillantes victoires des Romains sur les Cimbres et les Teutons et par les progrès rapides des aigles romaines en deçà des Alpes. Divisés entre eux et ne pouvant fonder un État durable, ils devinrent facilement la proie des belliqueux conquérants du monde. Les Romains s'étaient déjà établis près de Genève, lorsque les Helvétiens, se souvenant des douces contrées de la Gaule méridionale, et voulant se préserver des continuelles agressions des hordes germaniques déchaînées au Nord, émigrèrent de nouveau sous leur chef Divicon, après avoir incendié toutes leurs habitations. Malgré la plus courageuse résistance, ils furent défaits près de Bibracte (mont Beuvrais à Touest
(1) Non près du lac Léman, comme on Tavait cru par erreur.