‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 102 sur 378 · I>9. IX · texte numérisé non relu

I>9. IX

Sainte Pulcbérie. — Sa vie. — Lettres de saint Léon à Pulcbérie. — Avènement de Martien. — Sa vie. — Arrivée des légats à Constantinople. — Concile. — Soumission des évéques du parti de Diosoore. - Lettres de saint Léon. — Convocation d'un concile oecuménique.

La mort de Théodose-le-Jeune détermina une crise importante dans les affaires de l'Église. Le parti tout entier de l'hérésie et de Dioscore vit cesser son pouvoir e* le règne de l'iniquité. Les efforts de saint Léon pour

rétablir la paix et l'unité de doctrine , loin de rencontrer des obstacles , furent soutenus activement par les successeurs de Théodose , sainte Pulchérie et Marcien.

Ces deux princes nous présentent un des plus beaux modèles dont l'histoire fasse mention de la vertu sur le trône , de l'accomplissement, dans la vie privée comme dans la vie publique , de tous ces devoirs du christianisme qui font tout à la fois l'honneur et le bonheur des souverains et des peuples.

Dans le cours de notre histoire , nous avons déjà remarqué l'influence salutaire exercée par sainte Pulchérie sur les affaires religieuses et politiques de l'Empire. Tant que cette influence a été maintenue , tant que les hérétiques , les ambitieux et les intrigants ne sont point parvenus à s'emparer de la direction du gouvernement, l'ordre , l'union , la paix , la sécurité et la dignité n'ont pas cessé de régner.

Du jour où sainte Pulchérie a été éloignée, il ne s'est plus rencontré d'intelligence virile pour gouverner l'Empire. « Pulchérie, dit un écrivain peu suspect de partialité à l'égard d'une sainte, Gibbon, Pulchérie est la seule des descendants du grand Théodose, qui semble avoir hérité d'une partie de son courage et de son génie. »

Sainte Pulchérie naquit à Constantinople , le 19 janvier 399. Dans l'âge le plus tendre elle montra une précocité si extraordinaire de vertus et de talents que , dès l'année 414, elle fut déclarée Auguste , pour partager la dignité impériale avec Théodose , son frère, plus jeune qu'elle de deux ans. Son éducation, confiée à d'habiles maîtres , avait développé en elle les dons naturels d'une belle intelligence. Possédant une connaissance peu commune des langues grecque et latine , elle les parlait avec

Page 1