‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 112 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

On entrait dam l'église de Sainte»Euphémie par un péristyle formé d'un nombre infini de colonnes et qui conduisait dans l'intérieur de la basilique également ornée , dans toute son enceinte , d'une foule de colonnes au-dessus desquelles régnait une tribune. Sous k dôme était le tombeau de la sainte, dont les reliques reposaient dans une châsse d'argent. Elle exhalait une odeur exquise et attirait la vénération des fidèles par les miracles dus à la protection de la sainte. Dans certaines circonstances , l'évêque de Constantinople se présentait devant la châsse avec l'empereur, les magistrats et tout le peuple» L'évêque entrait dans le sanctuaire, et, par une petite ouverture placée au côté gauche du tombeau, il faisait entrer une verge de fer avec une éponge qu'il retirait pleine de sang, et il en distribuait les gouttes , sans que jamais elles se corrompissent. Près du tombeau de la sainte, on voyait une peinture sur toile où tous les détails de son martyre se trouvaient représentés (1).

Telle était cette vénérable basilique de Sainte-Euphémie, où s'assembla, le 8 octobre 451 , le quatrième concile œcuménique.

Les lettres de convocation furent écrites au nom dos deux empereurs , afin que l'on fût bien convaincu que cette assemblée devait représenter l'Église tout entière. Cependant, quoique l'invitation eût été générale, diverses circonstances et notamment la situation périlleuse où les invasions des Barbares plaçaient l'Occident , ne laissèrent arriver à Chalcédoine que les évêques d'Orient, d'illyrie et de Thrace. 11 est impossible de déterminer au juste le nombre des prélats qui assistèrent à ce con-

(1) Pour celte description et les actes du. concile de Chalcédoine , voyes Nice'pbore, liv. XV; Evaere, Hv, II; la collection des conciles des Pères Labbe et Conart.

cile ; un rapport adressé au Pape par cette assemblée nomme cinq cent vingt évêques -, le légat Lucentius parle, pendant la durée même du concile , de six cents , et tel est aussi le nombre indiqué par saint Léon dans une lettre aux évêques de la Gaule. Peut-être comprend-il dans ce chiffre les évêques qui ne vinrent pas en personne, mais qui chargèrent leurs métropolitains de voter pour eux. Quant à la proportion numérique des partis , celui de Dioscore était très-inférieur à l'autre. Treize évêques égyptiens seulement se présentèrent. On comptait dix-neuf des premiers officiers de l'Empire, savoir; Anatole, maître de la milice j Pallade, préfet du prétoire ; Tatien , préfet de Constantinople 5 Vincomale, maître des officiers; Sporatius, capitaine des gardes, et plusieurs autres qui remplissaient les plus grandes charges. Dans les actes , tous ces dignitaires sont désignés sous le nom de sénat. Les évêques nomme's dans les actes de la première session sont au nombre de trois cent soixante , parmi lesquels les premiers sont : les légats du Pape, Pascasin, Lucentius et Boniface; ensuite, Anatole, évêque de Constantinople, Dioscore d'Alexandrie, Maxime d'Antioche et Juvénal de Jérusalem. Voici quel était Tordre de la séance : les sièges des membres du concile étaient rangés en demi-cercle devant l'autel. Au milieu , et précisément en face de l'autel, on voyait les fonctionnaires que l'empereur avait chargés d'assister au concile. Les deux diacres Dominus et Cyriacus avaient pour mission de convoquer à domicile chacun des évêques aux séances. Les deux côtés du demi-cercle , à droite et à gauche de l'autel , étaient occupés par les évêques 5 mais, dans la distribution des places , la distinction des partis se trouvait fortement marquée. Celui de Dioscore étant généralement

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