‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 113 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

regardé comme plus ou moins coupable et suspect d'hérésie, on lui assigna le côté droit, qui , dans les usages de l'Église, passait pour le moins honorable. Dioscore d'Alexandrie , Juvénal de Jérusalem et les autres chefs du parti siégeaient de ce côté, immédiatement après le sénat; puis venaient les évoques d'Egypte , de Palestine, ie. A gauche, près du sénat, étaient assis les Iéi Pape , puis Anatole de Gonstantinople , Maxime d'Antioche , Thalassius de Gésarée et les autres évéques de l'Orient. Les notaires de l'Empereur faisaient partie du concile comme les évéques. Au milieu du demicercle, on avait dressé un grand trône , entouré de cierges allumés , sur lequel était posé le livre des ™ugîles, pour protester qu'on voulait suivre, dans les décisions à rendre , la doctrine évangélique et reconnaître Jésus-Christ pour le président invisible du concile.

Parmi les lettres écrites par saint Léon , le 26 juin 451, et qui avaient été confiées aux légats , voici celle adressée au concile, et qui devait lui servir de règle :

« Léon y évéque, au saint concile réuni à Nicée, à nos bien-aimés frères , salut dans le Seigneur.

« l'avais souhaité , mes bien-aimés ,* par la charité qui nous unit ensemble , que tous les prêtres du Seigneur persévérassent dans un même zèle pour la foi catholique, et que nul ne se laissât corrompre par la faveur ou la crainte des puissances séculières , de manière à s'écarter du chemin de la vérité. Mais comme il arrive

souvent beaucoup de choses dont on a lieu de se repentir, et que la miséricorde de Dieu surpasse les fautes de ceux qui pèchent , et qu'enfin la vengeance reste en suspens pour que la correction puisse avoir lieu , il faut embrasser le pieux conseil du trè^-clément empereur, qui a voulu réunir votre fraternité pour détruire les pièges de Satan et rétablir la paix de l'Église. Il a conservé le droit et l'honneur du bienheureux apôtre Pierre , en nous invitant, par ses lettrés , à venir en personne au milieu de votre vénérable assemblée , ce que ni la nécessité du temps , ni aucune coutume ne pouvaient permettre* Toutefois , dans la personne de mes frères Pascasin et Lucentius , évéques *, Boniface et Basile , prêtres, envoyés par la Chaire apostolique , je présiderai au concile et serai présent au milieu de vous par mes vicaires , assurés , comme vous devez l'être , que depuis longtemps je ne vous manque pas dans la prédication de la foi catholique. Comme vous ne pouvez ignorer quelle est notre croyance d'après la tradition ancienne , vous ne pouvez non plus douter de nos désirs.

a C'est pourquoi , très-chers frères, il faut repousser d'une manière absolue l'audace de ceux qui tenteraient de disputer contre la foi divinement inspirée; imposer silence à l'infidélité des hérétiques ; ne pas permettre de défendre ce qu'il n'est pas permis de croire , attendu que , d'après l'autorité des Évangiles , les paroles des prophètes et la doctrine des apôtres , il a été déclaré très-lumineusement et très-pleinement par les lettres

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