‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 122 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

avaient été cruellement et irrégulièrement déposés. Maintenant il faut établir la véritable foi pour laquelle ce concile est principalement assemblé. Appliquez-vous donc à l'exposer purement , sans crainte et sans complaisance , comme devant rendre compte à Dieu de vos âmes et des nôtres; en sorte que ceux qui semblent avoir des sentiments particuliers reviennent à l'unité. Car vous devez savoir que l'empereur et nous suivons la foi qui a été enseignée par les trois cent dix-huit Pères de Nicée • par les cent cinquante de Constantinople et par tous les autres Pères.

Les eveques : Personne ne fait d'autre exposition ; nous n'osons expliquer la foi ; les Pères nous l'ont enseîgnée; nous avons leur exposition par écrit, nous ne pouvons rien dire au delà. Si Ton a besoin de nouvelles explications au sujet de l'hérésie d'Eutychès , il suffît de celles données par l'archevêque de Rome dans sa lettre à Flavien , à laquelle nous avons tous souscrit.

Le sénat : Si vous le trouvez bon , chaque patriarche choisira un ou deux évêques de sa dépendance ; ils s'a vanceront au milieu de l'assemblée, et, après avoir consulté sur la foi , ils la déclareront à tout le monde. Si tous s'accordent, comme nous l'espérons, il n'y aura plus de difficulté 5 si quelques-uns ont d'autres sentiments , on le verra clairement.

Florentius de Sardes : Nous ne pouvons dicter surle-champ une exposition de foi 5 c'est pourquoi nous vous supplions de nous donner un délai pour le faire avec réflexion, quoique nous n'ayons pas besoin d'être redressés, nous, principalement, qui avons souscrit la lettre de Léon.

Cecropius de Sébastopous : La foi a été bien expliquée par les trois cent dix-huit Pères et par les saints

Pères Athanase, Cyrille, Célestin, Hilaire , Basile et Grégoire , et maintenant par le très^saint Léon : c'est pourquoi nous demandons la lecture de leurs écrits.

Eunomius , évéque de Nicomédie , lit le symbole de Nicée ; l'archidiacre Àétius , celui de Constantinople et les deux lettres de saint Cyrille à Nestorius et aux Orientaux. La fin de cette lecture est suivie de nombreuses acclamations d'assentiment : Nous croyons tous ainsi , c'est dans cette foi que nous avons tous été baptisés et que nous baptisons. Ainsi croit le Pape Léon; ainsi a cru Cyrille!

Le secrétaire Véronicien donne lecture de la lettre de saint Léon à Flavien $ à ce moment surtout les acclamations retentissent avec plus de force : C'est la foi des apôtres ! c'est la foi des Pères ! c'est ainsi que nous croyons tous ! Anathème sur celui qui ne croit pas ainsi ! C'est Pierre qui a parlé par la bouche de Léon ! Léon a enseigné avec piété et vérité ! C'est ainsi que Cyrille a enseigné ! Mémoire éternelle à Cyrille ! Léon et Cyrille ont enseigné la même chose ! Pourquoi n'a-t-on pas lu cela à Éphèse? Voilà ce que Dioscore a caché!

Les évêques d'Ulyrie et de Palestine sont les seuls qui trouvent quelques difficultés dans trois passages de la lettre ; mais l'archidiacre Aétius et Théodoret leur montrent des passages tout semblables dans saint Cyrille.

Le sénat : Quelqu'un doute-t-il encore ?

Les évêques : Personne ne doute !

Atticus de Nicopolis : Je demande quelques jours pour examiner plus tranquillement lès passages des Pères , particulièrement la lettre de saint Cyrille qui contient les douze ana thèmes.

Cette demande est appuyée par tous les évêques.

Le sénat : L'audience sera différée jusqu'à cinq

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