‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 125 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

fiel exemple à suivre par tous les gouvernements qui veulent conserver la paix avec l'Église , tout en respectant et leur dignité et sa liberté !

Aucun de ceux qui étaient encore favorables à Dioscore n'assistant plus aux séances du concile, le nombre des évêques se trouva fort diminué , quoique tous eussent été régulièrement convoqués par les diacres Domnus et Cyriacus. Ils s'étaient même présentés , comme on le verra , chez Dioscore , qui leur déclara être prêt à venir, mais qu'il en était empêché par une sentinelle placée à sa porte. Ce qui prouve que le pouvoir séculier le regardait déjà comme condamné. Le reste de l'affaire ne présentant qu'un intérêt exclusivement spirituel, tous les laïques sont renvoyés, et la séance est ouverte.

Le légat Pascasin : Le concile est informé que l'empereur a envoyé des lettres au bienheureux apostolique et catholique Pape , afin qu'il lui plaise de se trouver à cette assemblée ; mais % comme ce n'est pas l'usage , et que l'e'tat présent des affaires ne lui permet pas de venir, il a choisi mon humble personne pour présider, avec mes confrères, à ce concile : c'est pourquoi il est nécessaire que les propositions qui seront faites soient discutées sous notre direction.

Aucune difficulté ne s' élevant à ce sujet, l'archidiacre Aétius , remplissant les fonctions de promoteur, remet entre les mains du légat une nouvelle requête d'Eusèbe de Dorylée, par laquelle il demandait que tout ce qui avait été fait contre lui et contre Flavien fut cassé , l'hérésie d'Eutychès anathématisée , et Dioscore puni, pour servir d'exemple.

Eusèbb : Je demande que mon adversaire soit appelé en ma présence.

Aétius : Avant cette assemblée , les diacres Domnus et Cyriacus , suivant votre ordre , ont déjà averti Dioscore de s'y trouver comme les autres évêques , et il a déclaré qu'il aurait bien voulu , mais que ses gardes ne le lui permettaient pas.

Pascasin ordonne de chercher s'il n'était pas à la porte du concile. Épiphane et Elpide , chargés de cette commission , rentrent , et , interrogés par Anatole , déclarent avoir fait le tour de l'église sans le rencontrer. On députe trois évêques pour se rendre à son domicile, savoir : Constantin, métropolitain de Bostre, en Arabie, Acace d' Ariarathie , et Atticus de Zèle, avec Hymérius, lecteur et notaire.

Arrivés auprès de Dioscore , l'un d'eux , Constantin , lui dit : Le saint concile vous prie de le venir trouver en l'église de Sainte-Euphémie , où il est assemblé.

Dioscore : Je suis gardé par les magistriens ; qu'ils disent s'il m'est permis d'aller.

Acace , évêque d9 Ariarathie : Nous ne sommes pas envoyés aux magistriens , mais à vous,

Dioscore persistant dans la même défaite , les députés se retirent. Dioscore les fait rappeler et leur dit : Tai fait réflexion que, dans l'assemblée précédente , le sénat a fait prononcer une décision que le concile veut révoquer maintenant en m'appelant ; je demande donc que le sénat assiste encore au concile.

Cette demande insidieuse était un prétexte dont il Voulait se servir, afin que, si elle lui était accordée, il pût dire avoir été condamné par des laïques.

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