‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 129 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

déclara que Dioscore avait mérité d'être jugé suivant toute la rigueur des canons. Alors les trois légats , Pascasin, Lucentius et Boniface, prononcèrent la sentence

en ces termes :

« Les excès commis contre les canons par Dioscore , enlevant évéque d'Alexandrie , sont manifestes , tant par la séance précédente que par celle-ci. S'arrogeant la primauté , il a irrégulièrement reçu à la communion Eutychès, régulièrement condamné par son évéque. Il persiste à soutenu* ce qu'il a fait à Éphèse, dont il devrait demander pardon comme les autres , à qui le Siège Apostolique a fait grâce. Il n'a pas permis de lire la lettre du Pape Léon à Flavien , quoiqu'il en eût été wpis plusieurs fois et qu'il l'eût promis avec serment ; et par là il a causé des scandales et des plaies à la sainte Eglise de Dieu par vont l'univers. Toutefois , nous déliterions après tout cela si nous n'userions pas de clémence envers lui comme envers les autres qui étaient moins coupables. Mais il a surpassé ses premiers excès par des excès plus grands encore. Il s'est emporté jusqu'à dicter une sentence d'excommunication contre le trèssaint archevêque de la grande Rome, Léon. De plus, on a présenté contre lui plusieurs plaintes au concile ; il a été cité jusqu'à trois fois et n'a pas voulu obéir : il a donc lui-même provoqué la sentence. C'est pourquoi le très-saint archevêque de la grande et ancienne Rome , I-éon, par nous et par le présent concile , conjointement avec l'incomparable et trois fois bienheureux Pierre, quiest la pierre et la base de l'Église catholique et le fondement de la foi orthodoxe , a déposé Dioscore à la fois de la dignité épiscopale et du ministère sacerdotal.

Que le concile ordonne donc de lui, suivant les canons. »

Anatole deConstanttnople,Maximed'Antibche,Êtienne d'Éphèse et tous les autres évêques opinèrent l'un après l'autre 9 donnant leur consentement et leur jugement pour confimer la sentence des légats. Trois cents évêques signèrent, les trois légats en tête , même le prêtre Boniface avant le patriarche de Gonstantinople. Il y eut un évêque de Perse qui souscrivit en persan. Un acte fut rédigé pour communiquer à Dioscore l'arrêt porté par le concile; et le lendemain, 44 octobre , qui était un dimanche, la déposition de Dioscore fut signifiée à trois prêtres de l'église d'Alexandrie qui se trouvaient à Chaicédoine, et qui furent chargés provisoirement de l'administration du temporel de cette église. On publia le «jugement par une affiche adressée à tout le peuple de Gonstantinople et de Cbalcédoine, déclarant qu'il ne devait rester à Dioscore aucune espérance d'être rétabli, comme il le disait faussement. On envoya à l'empereur copie des délibérations et de la sentence , copie signée par tout le concile et accompagnée d'une lettre faisant connaître plus en détail les motifs de la déposition de Dioscore. La même communication fut faite à sainte Pulchérie , «gardienne de la foi catholique, lui écrit le concile , dont le zèle est cause que les ténèbres de l'ignorance sont dissipées, la zizanie de l'hérésie arrachée, la concorde de la foi rétablie, le bercail de l'Église rempli , les égarés réunis dans le bon chemin , les brebis rendues à leurs pasteurs et les disciples à leurs maîtres. » Dioscore fut exilé à Gangres, en Paphlagonie, où il mourut en 454, sans avoir rétracté les erreurs d'Euty-

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