‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 132 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les Égyptiens : Nous ne pouvons souscrire sans la volonté de notre archevêque.

Agace d'Ariarathie : Il est absurde de méconnaître un concile universel , pour ne faire attention qu'au seul individu qui sera évêque d'Alexandrie, Leur intention est de tout brouiller ici , comme ils ont fait à Éphèse. Nous demandons qu'ils adhèrent à la lettre ou qu'ils soient excommuniés.

Tous les éveques : Voilà ce que nous disons, voilà ce que nous pensons.

Hiérace , au nom des Égyptiens : Les évéques de notre province sont en grand nombre; nous sommes trop peu pour nous faire forts de tous. Nous supplions Notre Grandeur et le saint concile d'avoir pitié de nous ; car, si nous faisons quelque chose sans notre archeraque, tous les évéques d'Egypte s'élèveront contre nous, comme ayant violé les canons. Ayez pitié de notre vieillesse.

En prononçant ces paroles , les treize évéques égyptiens se jettent.à terre en s' écriant : Ayez pitié de nous, ayez de l'humanité !

CÉcropius de Sébastopolis : Le concile œcuménique est plus digne de foi que celui d'Egypte -, il n'est pas juste d'écouter des hérétiques au mépris de douze cents évéques. Nous ne leur demandons pas de déclarer leur foi pour d'autres , mais pour eux personnellement.

Les Égyptiens : Nous ne pourrons plus demeurer dans la province ; ayez pitié de nous !

Eusèbe de Dorylee : Ils sont députés de tous les Égyptiens; il faut qu'ils s'accordent avec le concile oecuménique.

Le légat Lucentius s'adressant au sénat : Apprenez-

leur, s'ils ne le savent, que dix hommes ne peuvent faire un préjugé contre un concile de six cents évêques.

Les Égyptiens : On nous tuera ; ayez pitié de nous!

Tous les Éveques : Voyez quel témoignage ils rendent à leurs éveques !

Les Égyptiens : On nous fera mourir 5 ayez pitié de nous! Faites-nous plutôt mourir ici! Que Ton nous donne ici un archevêque -, Anatole sait la coutume d'Egypte. Nous ne désobéissons pas au concile -, mais on nous tuera dans notre pays. Ayez pitié de nous !

Tous les éveques : Ils sont hérétiques!

Les Égyptiens : Vous avez la puissance ; nous aimons mieux mourir ici par ordre de l'empereur, et de vous et du concile. Pour Dieu ! ayez pitié de ces cheveux blancs! épargnez dix hommes 5 vous êtes maîtres de notre vie. Si Ton veut nos sièges , qu'on les prenne : nous ne voulons plus être évêques ; seulement que nous ne mourions pas ! Donnez-nous un archevêque , et si nous résistons, punissez-nous. Choisissez un archevêque; nous attendrons ici jusqu'à ce qu'il soit ordonné.

Tous les éveques : Qu'ils souscrivent à la condamnation de Dioscore.

Le sénat, prenant en pitié les gémissements et la frayeur de ces évêques égyptiens , leur fait une concession et dit : Comme les évêques d'Egypte différent de souscrire à la lettre du très-saint archevêque Léon, non par opposition à la foi catholique , mais parce que , suivant la coutume de leur pays , ils ne peuvent rien faire de semblable sans leur archevêque , il nous paraît juste de les laisser demeurer en l'état où ils sont , à Constantinople, jusqu'à ce qu'on ordonne un évêque d'Alexandrie.

CHAPITAE VU!. 325

Le légat Pascasin : Qu'ils donnent donc caution de ne point sortir de cette ville , jusqu'à ce qu'Alexandrie aitunévêque.

Le sénat ordonne qu'ils fournissent caution, du moins par leur serment.

Cette affaire étant terminée , le concile et le sénat ordonnent de faire entrer Fauste , Martin , Pierre et plusieurs autres prêtres et abbés catholiques , au nombre de dix-huit en tout. Après qu'ils sont entrés et assis , le sénat fait lire les noms de dix-huit autres prétendus abbés, qui avaient présenté requête à l'empereur, afin que les abbés catholiques déclarent s'ils connaissent tous ces derniers pour abbés.

Fauste : Les nomméâ Carose et Dorothée sont abbés ; Maires ne sont que de simples gardiens d'églises de martyrs; quelques-uns n'ont avec eux que trois ou quatre personnes , et plusieurs nous sont entièrement inconnus. Nous prions le concile d'envoyer visiter leurs monastères , pour savoir s'ils en possèdent réellement ou s'ils jouent le personnage d'abbés; et quant a ceux qui se disent moines et qui sont inconnus, ils doivent sortir de la ville , comme des imposteurs qui ne font que du scandale.

Le sénat ordonne de faire entreries prétendus abbés, parmi lesquels se trouvaient Barsumas le Syrien et l'eunuque Calopodius. A la vue de Barsumas , l'un des principaux chef du brigandage d'Éphèse, un des bourreaux de saint Flavien , un violent cri d'indignation soulève le concile. Lecture étant donnée de la requête des archimandrites , Anatole dit : Les prêtres Calopodius etGéronce , qui sont avec eux, sont déposés il y a longtemps, et il ne leur est pas permis d'entrer.

Calopodius et GéroiJce : Personne ne nous l'a dit jusquici.

L'archidiacre Aétius , s1 approchant de Calopodius : L'archevêque vous dit par ma houche que vous êtes déposé*, sortez.

Calopodius : Pour quelle raison ?

Aétius ; Comme hérétique.

Diogène, évêqiie de Cysique : Barsumas, qui est entré avec eux, a tué le bienheureux Flavien. Il y était et disait : Tuez! Il n'est point compris dans la requête; pourquoi est-il entré ?

Tous les Évêques : Barsumas a ruiné toute la Syrie ; il nous a amené mille moines.

Le sénat, s'adressant aux moines : L'empereur a fait assembler le concile, comme vous avez demandé, et vous y a fait entrer ; souffrez donc que le concile vous instruise de ce qu'il a réglé touchant la foi.

Carose , Dorothée et les autres moines : Nous demandons qu'on lise notre requête : c'en était une autre adressée au concile.

Les évêques : Chassez le meurtrier Barsumas; envoyez-le à l'amphithéâtre ! Anathème à Barsumas ! Barsumas en exil.

On lit la requête qui demandait que Dioscore et les évêques condamnés avec lui fussent présents au concile. A ces mots tous les évêques s'écrient : Anathème à Dioscore ! Jésus-Christ l'a déposé ! Chassez ces gens-là ; détruisez l'opprobre du concile !

Fauste et les abbés catholiques : Détruisez l'opprobre des monastères.

hei

• jjy §§ fiàôs un >pthée

•W'MiM sui-

Bifif :jn Ut *H f|» celle

• S%lf ÀÉÉûs les :iï|;:à6. «."H?, n a* % '**'

«9 •S'?™ H fiflj&fcileà *T — * » ff 11 m «jS» fait

* -, , «*"* f-ÎJ «0 ' £ » .f -| 69 f H d'asfcÉMÉNkJï&Ê* ■'§&'■ * ■*- 'S'A #- a. nous

o'û l os jCp "Si"

depuis cette époque , on a agité des questions , les saints Pères Cyrille et Célestin , et maintenant le très-saint Pape Léon, ont publié des lettres pour expliquer le symbole que le concile œcuménique reçoit avec respect. Obéissez-vous au jugement du concile, et anathématisezvous Nestorius et Eutychès?

Carose : J'ai assez anathématisé Nestorius.

AÉtius : Anathématisez-vous aussi Eutychès , comme le saint concile , oui ou non?

Carose : N'est-il pas écrit : Ne jugez pas, et vous ne serez point jugé. Les évêques sont assis , pourquoi parlez-vous ?

ÀénuG : Répondez à ce que le concile vous demande par ma bouche ; obéissez-vous au saint concile œcuménique , oui ou non ?

Carose en revient au concile de Nicée et conclut : Si Eutychès ne croit pas comme l'Eglise catholique , qu'il soit anathème !

Le sénat fait lire la requête présentée à l'empereur par Fauste et les autres abbés catholiques contre les disciples d'Eutychès , qui refusaient de souscrire à la confession de foi , quoique plusieurs fois avertis par Anatole et par d'autres ; ils concluaient à ce que ces rebelles fussent châtiés selon la règle monastique , et chassés du lieu où ils tenaient leurs assemblées. Dorothée voulut soutenir qu Eutychès était catholique.

Tous les évêques : Souscrivez-vous à la lettre de Léon, oui ou non?

Dorothée : Je crois au baptême ; mais je ne souscris point à la lettre.

Page 1