‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 133 sur 378 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le sénat prie le concile d'accorder à ces moines un délai de deux ou trois jours ; mais Garose et Dorothée déclarent qu'ils ne changeront point de sentiments. Ici finit la quatrième action du concile de Calcédoine, suivant les anciens exemplaires ; dans les modernes , on lit la suite de cette affaire de Carosc et Dorothée , et celle de Photius de Tyr avec Eustathe de Bérythe ; nous les rapporterons ici.

Alexandre, prêtre et visiteur, envoyé par le concile à l'empereur pour l'affaire des moines schisma tiques, fait son rapport en ces termes : J'ai dit à l'empereur que Dorothée et Carose prétendaient qu'il avait promis d'asles monastères et nous avec eux , et de nous ! les uns les autres en présence du saint Évangile. L'empereur nous a chargés , le décurion Jean et moi, de leur répondre : « Si j'avais voulu vous entendre Dioi-même , je n'aurais pas donné la peine au concile œcuménique de s'assembler ici. Mais les évêqùes étant assemblés pour cela , je vous ai dit de les aller trouver et d'apprendre d'eux ce que vous ignorez ; car, afin que vous le sachiez , tout ce que le concile œcuménique aura décidé et m'aura donné par écrit , je le suis , je l'embrasse et je le crois. Tenez-vous-en là ; vous n'aurez point de moi d'autre réponse. »

Le concile : Longues années à l'empereur! longues années à l'impératrice !

Nouvelle lecture est donnée de la requête que Carose et ses sectateurs avaient présentée à l'empereur , pour demander le rétablissement de Dioscore. Ensuite I archidiacre Aétius demande qu'on lise les canons

contre les schismatiques ; et par ordre du concile, il lut les canons 83 et 84, qui sont le quatrième et le cinquième du concile d'Antioche. On voit que l'Église se servait, dès cette époque , du recueil intitulé : Code des canons de V Église universelle, tel que nous le possédons encore.

Après la lecture des canons , le concile , approuvant l'indulgence de l'empereur et du sénat envers les moines rebelles , leur accorde un délai de trente jours , depuis le quinzième d'octobre jusqu'au quinzième de novembre. Ce jour-là, dit le concile, on leur enverra des clercs , pour les avertir de se soumettre aux décrets du concile; sinon, ils seront déchus de tout degré, de toute dignité , de la conduite des monastères et même de la communion. S'ils prétendent s'enfuir, ils encourront la même peine ; ils seront contraints à obéir , même par la puissance séculière, suivant les canons.

Le même jour, le concile s'occupe du différend qui s'était élevé entre Photius de Tyr et Eustathe de Bérythe. Photius soutenait qu'il était le seul métropolitain de la première Phénicie , et se plaignait de ce qu'Eustathe, qui jouissait d'une grande autorité sous le gouvernement de Dioscore , avait réussi à obtenir de Théodose-le-Jeune une loi qui élevait Bérythe au rang d'église métropolitaine et s'était, en conséquence, arrogé la juridiction sur les églises de Bylles, de Botrys, de Tripoli et trois autres , qui auparavant étaient placées sous celle de Tyr. Eustathe , qui voyait bien que ses prétentions seraient repoussées , chercha à éluder la décision, en disant que le concile devait commencer par régler les matières qui regardaient la foi. Mais le sénat désirait que cette affaire fût d'abord terminée. Alors Eustathe demanda à Photius d'après quelles lois

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