CHAPITRE VIII
foi. On s'y décida peut-être par suite des représentations réitérées de l'empereur , et l'on passa plusieurs jours à délibérer très-activement. Des conseils furent tenus, dans lesquels les principaux évêques du concile s'entendirent sur une formule qui fut présentée aux autres
évêques.
Le sénat : Faites-nous connaître ce qui a été décidé touchant la foi.
Asclepiade, diacre de Constantinople , lit une définition qu'on ne jugea pas a propos d'insérer anx actes. Quelques-uns proposèrent des difficultés , et Jean , évê- <pede Germanicie , dit : Cette définition n'est pas bien 5 *' en faut faire une autre.
Anatole : La définition vous plaît-elle? Tous les évêques , excepté les Romains et quelques
Orientaux, s'écrient : La définition plaît à tout le monde ;
cestlafoides Pères : celui qui pense autrement est
hérétique; anathème à qui pense autrement; chassez les
nestoriens !
Anatole : Hier, la définition de foi ne plut-elle pas
à tout le monde?
Les évêques : Elle plut à tout le monde ; nous ne
croyons pas autrement : c'est la foi des Pères. Qu'il soit
écrit que sainte Marie est mère de Dieu; qu'on l'ajoute
au symbole.
Les légats et les évêques qui pensaient comme eux voulaient qu'on s'en tînt à l'exposition de la foi telle quelle avait été faite par saint Léon dans sa lettre à saint Flavien. Les légats insistent donc auprès du concile: Si on ne consent pas à la lettre du bienheureux
évêque Léon, faites-nous donner un rescrit pour nous en retourner, et que le concile soit célébré en Occident.
Le sénat : Si vous le trouvez bon , assemblons-nous avec six évêques d'Orient , trois d'Asie , trois du Pont, trois d'IUyrie et trois de Thrace , l'archevêque Anatole et les Romains, dans l'oratoire de l'église, et, quand tout aura été bien examiné , on vous déclarera ce qui sera arrêté touchant la foi.
Les évêques : La définition a plu à tout le monde! Et voyant Jean de Germanicie qui s'approchait des membres du sénat, ils s'écrient : Chassez les nestoriens, chassez les ennemis de Dieu. La définition plut hier a tout le monde ; faites-la souscrire : qui n'y souscrit pas est hérétique. Le Saint-Esprit l'a dictée; qu'on y souscrive à l'heure même !
Le sénat : Dioscore disait : J'ai déposé Flavien, parce qu'il soutenait qu'il y a deux natures 5 la définition porte deux natures.
Anatole : Dioscore n'a point été déposé pour la foi, mais parce qu'il a excommunié l'archevêque Léon , et, qu'ayant été cité trois fois , il n'est pas venu.
Le sénat : Recevez-vous la lettre de l'archevêque Léon?
Les évêques : Il ne faut point d'autre définition : il n'y manque rien ; elle confirme la lettre. L'archevêque Léon croit comme nous. Il a parlé comme Cyrille. Celestin et Sixte ont confirmé ce qu'a dit Cyrille. Que la définition soit sans fraude.
Le sénat : Vos acclamations seront portées à l'empereur ; et il envoie au palais le secrétaire Véronicien. Celni-ci revient peu de temps après, et dit : L'empereur ordonne que , suivant l'avis du sénat, six évêques d'Orient, trois du Pont, trois d'Asie, trois de Thrace et trois
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d'Myrie avec l'archevêque Anatole et les Romains s'assemblent dans l'oratoire de l'église et règlent la foi : en sorte que tout le monde tombe d'accord ; ou , si vous n'êtes pas de cet avis , que chacun déclare sa foi par son métropolitain ; et si vous ne le voulez pas encore , vous devez savoir que le concile se tiendra en Occident, puisque vous ne voulez pas convenir ici de la foi.
Il y a encore quelque résistance; mais enfin tous les évêques consentent à voir l'affaire traitée par commissaires. Les membres du sénat entrent dans l'oratoire de sainte Euphémie avec Anatole , les quatre légats , Pascasin, Lucentius, Boniface et Julien de Cos 5 Maxime à'Aûtioche , Juvénal de Jérusalem , Thalassius de Césaw, Eusèbe d' Ancyre , Quintillus , Atticus et Sozon , evéque d'Myrie ; Diogène de Cysique , Léonce de Magnésie, Florentius de Sardes , Eusèbede Dorylée, Théodore de Tarse , Cyrus d'Anazarbe, Constantin de Bostre, Théodore de Claudiopolis , en Isaurie ; Francion, Sébastien et Basile, évêque de Thrace. Ils sont vingt-deux Après avoir examiné la foi , ils sortent de l'oratoire , et, quand tous sont assis , le sénat dit :
Le saint concile écoutera , s'il lui plaît, en silence, ce qui a été défini en notre présence.
Aétius , archidiacre de Constantinople , lit la définition de foi dressée au nom du concile. On y rapporte tout au long le symbole de Nicce et celui de Constantiuople , puis on ajoute : Ce symbole suffirait pour la connaissance parfaite de la religion. Mais les ennemis de la vérité ont inventé de nouvelles expressions : les
uns voulant anéantir le mystère de l'Incarnation et refusant à la Vierge le titre de Mère de Dieu ; les autres introduisant une confusion et un mélange , et forgeant une opinion insensée et monstrueuse qu'il n'y a qu'une nature de la chair et de la Divinité , et que la nature divine du Fils de Dieu est passible. C'est pourquoi le saint concile œcuménique, voulant obviera toutes leurs entreprises, et montrer que la doctrine de l'Église est toujours inébranlable , a défini : premièrement , que la foi des trois cent dix-huit Pères demeurera inviolable. De plus , il confirme la doctrine que les cinquante Pères, assemblés à Constantinople , ont enseignée touchant la substance du Saint-Esprit, à cause de ceux qui l'attaquaient, non qu'ils crussent que quelque chose manquât à l'exposition précédente. Et à cause de ceux qui veulent détruire le mystère de l'Incarnation, le concile reçoit les lettres synodales du bienheureux Cyrille , tant à Nestorius qu'aux Orientaux, comme propres à réfuter l'erreur de Nestorius et à expliquer les sens du symbole. Le concile y joint avec raison la lettre du très-saint archevêque Léon à Flavien contre l'erreur d'Eutychès, comme conforme à la confession de saint Pierre, et également propre à détruire les erreurs et à affermir la vérité.
Suivant donc les saints Pères, nous déclarons tous, d'une voix unanime , que l'on doit confesser un seul et même Jésus-Christ Notre-Seîgneur, le même parfait dans la Divinité et parfait dans rhumanité, vraiment Dieu et vraiment homme; le même composé d'une âme raisonnable et d'un corps, consubslantiel au Père selon la Divinité, et consubstantiel à nous selon l'humanité; en tout semblable à nous , hormis le péché ; engendré du Père avant les siècles selon la Divinité, et, dans les