CHAPITRE VIII
il voulait que leur différend fût jugé , d'après celles de l'Église ou celles de F Empire. Photius répondit: D'après les lois de l'Église. Le sénat déclara que les intentions et 1a volonté bien prononcée de l'empereur étaient aussi que toutes les affaires qui regardaient les épiques fussent décidées uniquement d'après les lois de l'Église. Nouvel fit bel exemple d'une politique sincèrement respectueuse de la liberté des institutions catholiques ! Eustathe ne pouvait alléguer aucune excuse en sa faveur, si ce n'est la décision d'un concile tenu à Constantinople en 449 , <pi avait fait ce partage en vertu de la loi de Théodose. Mais, comme il sentait que cet argument avait peu de valeur, il avoua immédiatement que la plainte de Photius était fondée, priant seulement le concile de ne pas croire qu'il fût lui-même l'auteur de ce morcellement illégal. On lut alors le quatrième canon de Nicée , qui décide que l'ordination dans une province doit être faite sinon par tous les évêques , au moins par trois d'entre eux; mais que le droit de confirmation est réservé au métropolitain. Le sénat demanda s'il était permis, d'après les lois de l'Eglise , qu'une seule province eût deux métropolitains. Le concile répondit non. Le sénat décida , en vertu des canons et du jugement du concile , que Photius était le seul légitime métropolitain de la Phénicie première, et que Eustathe ne pouvait s'appuyer sur la loi de Théodose pour prétendre à aucun privilège au-dessus des autres évèques. Cécropius de Sébastopolis ayant demandé qu'on posât en principe que les lois impériales , préjudiciables aux canons , sont incontestablement nulles , et que les canons doivent sortir leur plein effet, le concile s'écria : Nous disons tous la même chose; toutes les lois impériales cesseront; que
les canons tiennent! Lé sénat déclara que cette décision serait exécutée dans toutes les provinces.
Combien de mésintelligences , de divisions et de luttes déplorables seraient évitées entre l'Église et la puissance temporelle , si ces principes d'équité et de raison étaient toujours fidèlement pratiqués! N'est-il pas étrange qu'un Etat veuille admettre et même favoriser l'existence de l'Eglise catholique, et qu'il fasse ou tolère des lois contraires aux règles mêmes qui sont la condition d'existence de cette Église? Ne dites pas que ces règles sont contraires à votre existence politique; car, l'Église ne pouvant détruire ce qui fait sa vie, vous seriez condamnés ou à vous séparer d'elle ou à ]}sl persécuter. L'histoire prouve que tel a été , dans tous les siècles, l'inévitable conduite des gouvernements qui n'ont pas voulu reconnaître le principe proclamé , en 451 , par la cour impériale d'Orient et le concile universel de Chalcédoine : toutes les lois préjudiciables aux règles de l'Église sont nulles de droit.