CHAPITRE VUI
Ce discours si chrétien est accueilli par les évéques arec les plus vives acclamations : Longues années à Mar~ cien, nouveau Constantin! Longues années à l'impératrice orthodoxe ! Amateur du Christ , abondez en toutes sortes de biens !
L'archidiacre Aétius déclare qu'il tient entre les mains la définition de foi faite par le concile , et il en donne lecture par ordre de l'empereur. Elle est souscrite par tous les évéques présents, au nombre de trois cent cinquante-six , les légats en tête. Diogène de Cysique et quatorze autres métropolitains souscrivirent pour eux ^pour leurs suffragants absents. Quand tous ont signé, k confession de foi est déposée sur l'autel de sainte Euphemie , afin que la vierge martyre la présente elle-» flâaea Notre-Seigneur Jésus-Christ.
L'empereur demande si tout le concile est d'accord sur cette profession de foi.
Tous les eveques : Nous croyons tous ainsi; nous ayons tous souscrit volontairement 5 nous sommes tous orthodoxes! Et ils font entendre encore les acclamations les plus élogieuses pour Marcien, nouveau Paul, nouveau David ; pour Pulcliérie , nouvelle Hélène.
L'empereur : La foi catholique ayant été déclarée, nous estimons juste et utile d'ôter à l'avenir tout prétexte de division. Donc, quiconque fera du tumulte en public, parlant de la foi , si c'est un particulier, il sera chassé de la ville impériale ; si c'est un officier, il sera cassé; si c'est un clerc, il sera déposé et soumis à d'autres peines.
Tous les évêques : Vive l'empereur ! Vive le prince pieux! Vous avez redressé les églises; vous avez affermi
la foi. Vive l'impératrice ! Dieu conserve votre Empire! Vous avez chassé les hérétiques ! Anathème à Nestorius, à Eutychès , à Dioscore !
L'empereur : Il y a quelques articles que nous vous avons réservés par honneur, estimant convenable qu'ils soient ordonnés canoniquement dans le concile plutôt que condamnés par nos lois.
Le secrétaire Véronicien donne lecture de ces articles qui ont rapport aux sujets suivants : 1° que les moines soient soumis aux évêques et qu'ils ne se mêlent point des affaires de l'Eglise , si ce n'est dans quelques cas extraordinaires et avec la permission expresse de levêque; 2° qu'il soit défendu aux clercs d'administrer des fermes ou autres propriétés de ce genre , à moins qu'elles ne fassent partie des biens de l'Église; 3° qu'il soit défendu aux clercs, sous peine d'excommunication, de passer d'un diocèse dans un autre , et aux évêques de les y accueillir.
Le concile promet à l'empereur de prendre des mesures pour faire exécuter ces articles ; et , en effet , les règlements qui s'y rapportent forment la base des canons trois , quatre , cinq et vingt (1).
L'empereur : Pour l'honneur de sainte Euphémie et de votre sainteté , nous ordonnons que la ville de Chalcédoine , en laquelle le saint concile a été assemblé , ait les privilèges de métropole , mais pour le nom seulement , sauf la dignité de la métropole de Nicomédie.
Le concile approuve; et s'adressant à l'empereur: Nous vous supplions de nous renvoyer.
L'empereur : Je sais que vous êtes fatigués d'un si
(l) .Voyez à la fin du chapitre.