‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 140 sur 378 · SEPTIEME, HUITIÈME ET NEUVIÈME SÉANCES · texte numérisé non relu

SEPTIEME, HUITIÈME ET NEUVIÈME SÉANCES

26 octobre 451.

Ces trois sessions eurent lieu dans la même journée , le 26 octobre. Trois fonctionnaires impériaux , représentant le sénat , y assistèrent comme aux précédentes.

Dans la septième session, le concile et le sénat confirment un arrangement conclu entre Maxime d'Antioche et Juvénal de Jérusalem, d'après lequel les provinces ecclésiastiques de Phénicie et d'Arabie restaient

sous la juridiction du patriarche d'Antioche, tandis que Juvénal obtenait les trois Pales tines.

La huitième session est consacrée à l'affaire du célèbre Théodoret , évêque de Cyr. Il s'agissait de le rétablir sur son siège , dont il avait ètè déposé par le conciliabule d'Éphèse ; mais les Pères de Chalcédoine exigeaient auparavant qu'il anathématigât solennellement l'hérésie nestoiienne*

Les évêques : Que Théodoret anathématise au moment même Nestorius.

Théodoret : J'ai présenté une requête à l'empereur et des écrits aux légats de l'archevêque Léon 5 on vous les lira, s'il vous plaît, et vous verrez ce que je pense.

Les évêques : Nous ne voulons point qu'on lise, anathématisez Nestorius.

Théodoret : J'ai , Dieu merci , été nourri par des catholiques; j'ai été instruit de la doctrine catholique; je l'ai prêchée 5 je rejette non-seulement Nestorius et Eutychès , mais quiconque a de mauvais sentiments.

Les évêques , l'interrompant : Dites nettement anathème à Nestorius et à sa doctrine , anathème à Nestorius et à ceux qui l'aiment.

Théodoret, éludant toujours la réponse qui lui est demandée : En vérité , je ne dis que ce que j'estime agréable à Dieu. Persuadez-vous, premièrement, que je ne me soucie ni de rentrer dans ma ville , ni de recouvrer ma dignité : je ne suis point venu pour cda-, mais ayant été calomnié, je suis venu vous convaincre que je suis orthodoxe et que j' anathématise Nestorius , Eutychès et quiconque dit qu'il y a deux fils.

Les évêques : l'interrompant de nouveau : Dites net-

CHAPJTBE VIII. 343

tement : Anathème à Nestorius et à ceux qui suivent ses sentiments.

Theodoret : Je ne le dirai point que je n'aie expliqué ma croyance. Je crois ....

Sa voix est étouffée par les cris de : Il est hérétique ! Il est nestorien ! Chassez l'hérétique !

Aussitôt Theodoret, ému par ces acclamations, s'écrie : Anathème à Nestorius , à quiconque ne dit pas que la vierge Marie est mère de Dieu et à quiconque divise en deux le Fils unique. J'ai souscrit à la définilion de foi et à la lettre du très-saint archevêque Léon , el je crois ainsi. Cela dit, Dieu vous bénisse!

U sénat : Il n'y a plus de difficultés sur Theodoret, ordonnez qu il rentre dan? son église , comme le Pape ^ Fa jugé.

ïtos les Évoques : Théodoret est digne de son siège ; qu'on le rende à son église ; qu'elle reçoive son pasteur, «m docteur orthodoxe ! Vive l'archevêque Léon !

Après avoir ennprç obligé trois autres évêques à prononcer l'anaihèiire contre Nesioriqs, le concile passe à la neuvième session. U>as , évoque d'Edesse , est introduit. Il rappelle qu'il a été déposé par le conciliabule d'Éphèse, qqoiqu'il n'y eût point assisté, et il avait même été jeté en prison par le parti de Dioscore. Marcien l'en avait fait sortir avec les autres victimes de ce persécuteur 4c l'Église , et Jbas réclamait du concile sa râutégratipn. Dès l'année. 449, PhotiusdeTyr et Eustba* iJtt de Bérythç avaient rendu en sa faveur un jugement dont il çst donné lecture* La décision de cette affaire est renvoyée à la séance suivante , Je lendemain 27 octobre.

Page 1